Les Editions's profileles éditions de l'incons...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
les éditions de l'inconscientmetaphysique de l esprit delirant September 07 L'institut médico-légalL’institut médico-légal
Comme je passais dans ce quartier non loin de chez moi Mon œil, à demi assoupi, fut attiré presque malgré lui Oh lugubre immeuble, symbole d’une science pré moderne Avide en expériences troubles à la frontière de l’immoral Quelle consternation, ils t’ont rénové, immeuble fané !
Dans tes entrailles vermoulues, deux écrivains furent fascinés Par l’exhibitionnisme de tes trésors de morbidité Parties intimes violées par leurs regards scrutateurs Etres inachevés ou sublimes métamorphoses ?
De la grandeur éteinte de tes façades maternelles, Admirables préfaces à tes contenus, Il ne reste qu’un bloc propret, aseptisé.
A chacun de mes passages La mélancolie me serre la gorge Et derrière des milliers de points noirs Tu m’apparais à nouveau Dans ton habit sale et décrépit Comme aux beaux jours De l’architecture soviétique ! February 01 S.A.V.E.D Récit 6 (2ème partie-fin)Le soir même il décida de se rendre à une soirée mondaine, celles-là même auxquelles il refusait d’aller à cause des « crêpes » qu’il arborait. Il s’apprêta de la manière la plus élégante possible tout en évitant les tenues tape à l’œil. Il avait une idée derrière la tête voilà pourquoi il fournissait autant d’efforts. Pour la première fois depuis bien longtemps il était impatient, tout son être était tendu vers un futur proche des plus prometteurs même si l’objectif final ne serait atteint que dans plusieurs années. Son arrivée à la fête ne passa pas inaperçu et il fut rapidement le centre d’intérêt, tout à chacun connaissait son aversion à être mêlé à une foule quelle qu’elle soit. Toutefois plus la soirée avançait et moins on lui prêtait attention à l’exception des femmes célibataires ou non qui l’épiaient du coin de l’œil et attendaient une occasion d’engager la conversation. Et là encore ce fut une première car Pierre ne rembarrait pas systématiquement les jeunes femmes qui venaient l’accoster. Il semblait même les écouter de façon distraite mais avec plaisir comme s’il attendait un message émanant de l’intérieur de ces corps parfaits. La nuit allait devenir jour et Pierre voyait passer les filles sans en choisir aucune à leurs plus grand damne alors que le commun des mortels aurait eu certes du mal à choisir mais serait déjà dans une chambre ou une autre pièce de la villa ou quelque part dans le jardin immense ou encore dans la piscine à batifoler avec une créature de rêve. Mais à y regarder de plus près ce n’était pas de la concupiscence qui brillait dans les yeux de Pierre. Apparemment il cherchait autre chose qu’une partie de baise sans lendemain et il constatait que toutes ses filles ne voulaient que ça. En réalité le très court terme n’intéressait pas Pierre alors que ses femmes pensaient à l’inverse que pour l’harponner plus longuement elle devait céder immédiatement n’ayant que leurs corps comme argument. Cependant il ne désespérait pas et regardait vers l’avenir ne se sentant plus embourbé dans un présent mort né, son passé fait de grisaille n’était plus qu’un souvenir tout juste bon au recyclage. Les couleurs vives de l’espoir emplissaient sa vision. Cette nouvelle perception de la vie fut illuminée par l’arrivée soudaine d’une jeune femme dans l’embrasure de la porte d’entrée. Le salon s’était vidé et Pierre somnolait dans un canapé en cuir rouge. Elle s’appuyait négligemment d’une main au chambranle de la porte, un pied nu et l’autre dans un escarpin noir avec lanière enroulé jusqu’au mi-mollet. Une bretelle de sa robe du soir noire à paillettes avait glissé de son épaule dorée. Ses longs cheveux auburn défaits accentués par une bouche indemne de rouge lèvre lui donnaient l’air grognon d’une petite fille réveillé à l’aube. Pierre fut comme envoûté par cette apparition idyllique. Il sus que sa recherche touchait à sa fin. La première étape de son plan venait de se clore. Il était autant ému par la fille que par le fait de passé à la seconde phase de son idée. Il se dirigea vers elle. Elle ne remarquait rien ni personne comme hébétée. Dès qu’il l’eut rejoint il lui prit la main (horriblement froide) et accrochant tant bien que mal son regard il lui demanda si elle souhaitait « s’assoire sur le canapé car vous avez l’air très abattue ». Elle céda a la pression de sa main et se laissa conduire jusqu’au sofa où elle s’assit mécaniquement. Pierre alla chercher de quoi boire. Lorsqu’il revint avec une vodka orange elle avait toujours le même regard hagard. Il lui posa le verre sur la table basse, en face d’elle. Tous deux gardaient le silence. Pour Pierre elle lui appartenait déjà car elle faisait partie intégrante de sa grande idée. De son côté elle ne l’avait pas reconnue et semblait uniquement exister dans un souvenir qui tournait en boucle dans sa tête. Elle se pencha vers le verre et sans le toucher de ses mains posa ses lèvre sur le rebord en lapa l’alcool ou en essayant de l’aspirer. Il était très tard presque le matin et plus un seul bruit ne venait troubler les réflexions de Pierre. Face à sa promise maintenant endormie en boule sur le sofa il n’avait jamais eut l’impression d’être aussi conscient de sa propre personne et des interconnections avec les autres. Il se leva puis souleva la belle endormie pour la porter dans sa voiture. Il la coucha à l’arrière et pris la direction d’une de ses demeures mais à peine le premier virage passé elle vomit un mélange de bile, d’alcool et de sperme, rota puis poussant un long soupir rauque elle se rendormit.
Le matin suivant lorsqu’elle se réveilla seule dans la chambre de Pierre, sa première réaction fut la panique jusqu’à ce qu’elle trouve une page dactylographiée posée sur la table de chevet lui expliquant tous les évènements qui s’étaient déroulés depuis que l’auteur de la lettre l’avait vu à la fête de X. « Descendez, je suis au salon, signé Pierre » était la dernière phrase de la lettre. Une robe qui ne lui appartenait pas était posée sur le dossier de la chaise. Elle lui allait parfaitement même si elle aurait préféré un autre colorie que le rouge coquelicot. Elle ne trouva pas ses chaussures et aucun autres souliers ne traîner dans la chambre et elle due donc rejoindre le salon pieds nus, ce qui n’était pas désagréable tant la moquette était moelleuse. Malgré un léger mal de tête bien compréhensible elle avait l’esprit clair et elle se demandait avec une excitation croissante si l’auteur de la lettre était bien le richissime célibataire « Pierre l’Intouchable» comme on le surnommait dans la jet set. Pierre était assis d’un canapé en regardant distraitement l’écran extra large d’une télé à plasma montrant un accouchement/ en haut à gauche de l’écran clignoter en rouge « en direct ». Elle se racla la gorge pour annoncer sa présence et Pierre se retourna vers elle, lunette de soleil sur le nez. Il éteignit la télévision et l’invita d’un geste du bras à s’asseoir à côté de lui. Elle baissa les yeux lorsqu’il lui demanda si elle avait envie de quelque chose à boire ou à manger, elle secoua imperceptiblement la tête en murmurant qu’elle se sentait un peu nauséeuse, peut être un peu plus tard. Il lui tendit cependant un verre d’eau et un cachet d’aspirine. Bizarrement elle se sentie rougir et se trouva bête alors elle avala une gorgé d’eau de travers, toussa plusieurs fois et rougit encore plus. Sa bouche articula « désolé » et levant ses yeux elle vit que Pierre lui souriait d’une manière protectrice qui la séduisit beaucoup. Les hommes n’avaient pas en général cette manière douce de sourire. Pierre vit qu’elle était touchée et la laissa se faire un film : Pierre était donc différent des autres riches et c’est pour cette raison qu’il vit retirer. Il a eut le coup de foudre en me voyant, ça se devine à sa manière d’être attentif à ma personne. C’est un grand sensible incompris. Et riche. Il est l’homme idéal. En résumé voilà ce que cette greluche pensa et elle accepta aussitôt la demande en mariage de Pierre. Du point de vue de Pierre c’était tout à fait différent. Il voulait un fils très rapidement et comme n’importe quels riches il ne se voyait pas être père sans être marié. Les nantis ont parfois une vie de débauche voir amorale mais restent très traditionnelles malgré tout. Dès le mois suivant Pierre pris rendez vous dans une clinique privée afin de donner ses spermatozoïdes, sa femme fournissant les follicules ovariens. Technique de la Fécondation in vitro. On lui avait stipuler les conditions pour le prélèvement de son sperme : émission au laboratoire dans un pot stérile après 48 heures d’abstinence. Dans la cabine aux parois rose saumon il avait eu du mal à obtenir une érection. Il feuilleta tous les magazines pornographiques à la recherche d’une image existante mais quelque chose coinçait dans sa tête. Les images sur papier lui rappelait trop les personnes qu’il côtoyait : des apparences de personnes sans réelle profondeurs. Quarante huit heures après la mise en culture le directeur de la clinique l’appela pour lui demander d’amener sa femme pour l’étape suivante : le transfert des embryon à l’intérieur de l’utérus. Il appela par l’interphone sa femme qui se faisait bronzer dans une machine à UV installée dans la salle de sport au sous sol. Celle-ci se précipita totalement nue dans le salon où Pierre l’attendait et elle lui sauta au coup en s’écriant « je vais être enceinte ! ». Cette manifestation stupide de joie l’irrita mais il ne brocha pas et préféra reporter ses pensées sur la manière dont il allait se débarrasser d’elle une fois le bébé né. Toutefois il ne devait pas s’emballer car si le bébé était une fille il aurait encore besoin d’elle. Une fois à la clinique, Pierre profita du moment de l’introduction des trois embryons dans la cavité utérine de sa femme pour parler seul à seul avec le directeur de l’établissement. Il lui expliqua qu’il enverrai son épouse chaque semaine et que dès que ses équipes pourraient déterminer via l’échographie le sexe de l’enfant il devrait le tuer s’il s’agissait d’une fille. « C’est un foeticide » s’exclama pour la forme le directeur en empochant le chèque de Pierre. Dans l’hypothèse où plusieurs F.I.V. devrait être pratiquée il accepta la proposition de congeler les embryons restant. Cette formalité accomplie Pierre s’occupa de sa femme d’après l’image qu’il avait du bon mari. Heureusement que la télévision était là pour véhiculer les modèles sociaux et les comportements dédiés à chacun de ces modèles car s’il avait suivit l’exemple de son père il aurait changé de femme tous les ans et Pierre ne pouvait se permettre de réitérer les sorties de chasse aux femelles en soirée. Il se devait de poursuivre son idée et d’atteindre son but qu’importe s’il ne supportait pas la compagnie de son épouse. De toute façon selon ses plans il savait qu’il en serait débarrassé dans quelque temps. Le Dix huit avril 1988 à 04h33, Pierre devint effectivement père d’un bébé de sexe masculin. Une nouvelle phase de son plan allait débuter. Durant ses premiers mois le bébé fut confié à une sage-femme que Pierre employa et logea dans une de ses villas. Il y habita aussi. Mais avant qu’il portât toute son attention sur le nouveau né il se devait de s’occuper de sa femme qui ne lui était plus d’aucune utilité : il l’emmena dans des soirées où il savait que la drogue coulait à flot. Il fut surpris d’apprendre après plusieurs mois de vie conjugale qu’elle n’avait jamais pris autre chose que du cannabis. Mais il connaissait parfaitement le comportement de ses « crêpes », au milieu de tant de gens drogués elle ne pouvait pas ne pas les imiter. Elle se serait distinguée de cette masse de jeunes gens riches et ces gens dont elle faisait partie avaient une peur bleue d’être isolés. C’était aussi honteux que de ne pas savoir qui couchait avec qui et qui trompait qui et autres ragots. Elle s’y est donc mise avec un entrain effrayant qui était proportionnel à son inexpérience en ce domaine et en un mois elle était une junkie finie. Pierre s’en félicita et un après-midi en lui prépara un fixe il lui proposa de faire un tour. Elle ne répondit pas et lui tendis son bras garrotté. « Gentille fille » lui susurra Pierre tout en lui tapotant le pli du coude pour faire ressortir une veine. L’aiguille s’enfonça doucement, du sang se mélangea au liquide que contenait la seringue, Pierre appuya sur le piston puis le corps de sa femme se tordit de bonheur dans le canapé. Au bout de dix minutes il la souleva et l’aidant à marcher il l’installa dans sa Porsche. Elle ne remarqua même pas qu’elle était dans un tribunal, elle ne vit pas le mouvement de recul et le regard horrifié du juge qui regardait ses avant bras nus perforés de petits trous noirâtres de sang coagulé, elle n’entendit pas sa condamnation à une désintoxication, ni que son mariage était dissous et que la garde de l’enfant était exclusivement confié à Pierre. Elle avait perdu connaissance quand deux policiers lui demandèrent de se lever. Pierre n’attendit pas l’arrivée de l’ambulance. En rentrant chez lui il ne pensait qu’à son fils et à son idée.
Pierre apprit vite comment s’occuper de son bébé et bientôt il limogea la nounou qui, selon lui, interférait trop dans sa relation père fils. Il était exclusivement à lui. Toutefois il se refusa le droit de garder son enfant séquestré, loin de la société. Il s’obligea à lui faire vivre la même vie que celle qu’il avait eue, passant outre la peur obsessionnelle que son plan soit avorté s’il arrivait un accident à la chair de sa chair. Cet enfant grandit donc dans un milieu aisé sans difficulté matériel, sans inquiétude en l’avenir. Il n’endura pas non plus de carence affective et il se satisfaisait de la compagnie de son père qui lui apportait tout ce qu’il souhaitait d’un point de vue intellectuel et occupation de son temps libre. Petit à petit Pierre pu constater qu’il développait certaines caractéristiques qui lui étaient propre : une neutralité émotionnelle et un certain désintérêt voir même du dédain vers les autres personnes qui croisaient sa route. Il estimait toutefois grandement son père. Ce dernier s’étonnait lui-même de sa réussite. Comment était-il arrivé à faire de son fils une réplique si fidèle de lui-même ? Même dans les prévisions les plus audacieuses du déroulement de son idée, il n’avait pas osé espérer un tel résultat. Pierre s’émerveillait de voir son fils lui ressembler chaque année un peu plus et celui-ci se contentait de la vie facile que son père lui offrait. Ainsi se déroula leur vie jusqu’au jour où…
Le jour des dix huit ans de son fils, Pierre s’éveilla très tôt le matin. Tout, autour de lui, lui paraissait avec une netteté accrue, comme à sa juste place. Il sortie de sa villa pour aller en ville. Il était dix heures lorsqu’il revint et son fils dormait encore. Il le savait car ce qui se déroulait aujourd’hui il l’avait imaginé si souvent qu’il n’avait aucun doute quant à leur réalisation. Avait-il influencé le destin par sa volonté ? Agissait-il comme un acteur qui avait répété des centaines de fois un rôle ? Quoi qu’il en soit il portait en lui un sentiment d’osmose avec le cours des choses, une confiance sans limite dans le déroulement du futur proche. Il s’installa dans un transat au bord de la piscine et posa à ses pieds un lourd objet emballé dans du papier journal. Pendant qu’il attendait le réveil de son fils il fut surpris du calme qui l’habitait si près de l’accomplissement de son idée. Son cœur reposé déborder lui semblait il d’un sentiment qu’il avait du mal à appeler « amour ». « De l’amour mais pour qui ? » se demanda-t- il comme dans un rêve alors qu’un claquement de porte lui annonçait que son fils venait de sortir de sa chambre. Cette question se dilua dans son esprit tandis qu’il se penchait pour déballer l’objet. Il se leva sans se presser tout étant écrit depuis déjà un peu plus de dix huit ans. Il pénétra dans la villa et se dirigea vers la cuisine sans un bruit. Il aperçu son fils, dos à lui, contre la table de la cuisine sur laquelle Pierre avait laissé un billet à son attention. Sur ce bout de papier il avait écrit « bon anniversaire » puis avait raturé ces mots. Derrière son fils, la tête penchée vers le billet, il se revoyait à ses dix huit ans découvrant la carte bleue et le chéquier lui crachant à la figure « démerde-toi maintenant ! ». Sa gorge s’assécha face à cette vision venue du passé vers laquelle il avançait silencieusement. A deux mètres de son double il leva son bras horizontalement et sans un mot appuya sur la gâchette. Une détonation assourdissante fit trembler les tableaux aux murs et les verres dans les placards. Le corps de son fils fut projeté sur la table éclaboussant d’os, de sang et de cervelle la cuisine sur un large rayon. Pierre regardait le plafond perdu dans un souvenir douloureux, dans un passé qu’il voulait modifier à tout prix. La réalité du corps de son fils glissant sur le sol et butant sur ses pieds le sortirent de sa torpeur. Il s’agenouilla et tout en caressant ce qui restait du crâne de son fils il sentit quelque chose se durcir dans son estomac. Il su alors que son mal être reprenait possession de lui, qu’un seul sacrifice ne suffisait pas. Qu’il fallait recommencer. January 22 S.A.V.E.D récit 6 (1ère partie)
Pour tenter de comprendre Pierre et surtout les raisons qui le font vivre dans une perpétuelle mauvaise humeur, il y a deux ou trois trucs à savoir. En premier lieu il est riche, immensément riche. Ou plutôt son père mais cela revient au même. Ce géniteur est trop riche sûrement pour toujours être en phase avec le monde des réalités et c’est pour cette raison qu’à la majorité de Pierre il lui laissa une carte de crédit et un chéquier sur la table du salon. Par ce geste le père faisait clairement comprendre à son rejeton qu’il ne s’occuperait plus de lui. Terminé les parties de tennis, les courses de kart, les voyages au bout du monde,… pas que ce père fusse idéal mais il avait le mérite d’occuper son fils et surtout de lui faire ressentir une sorte d’intimité que Pierre ne retrouverait plus. Alors voilà, à partir de son dix huitième anniversaire Pierre ne verrait que très sporadiquement son paternel. Bien sûr il aurait pu chercher à prendre contact avec sa mère mais il ne la connaissait pas et ne s’en était jamais soucié car les « mamans » avaient été légions aux bras de son père. Et qu’est ce que cela aurait pu changer ? Rien ne pouvait remplacer le lien qu’il avait tissé autour de son père et qui avait été si soudainement rompu. Livré à lui-même il passait les journées et les nuits dans les villas familiales entouré de personnes (d’employés serait plus exact) qu’il ne supportait pas. Ces compagnons de jeux étaient à ses yeux des « friandises trop sucrées » car leurs seuls désirs étaient de le satisfaire en tout point. Ils perdaient constamment contre lui et le félicitaient à qui mieux mieux. Ils étaient aussi mous que de la guimauve. De temps à autre il rencontrait des gens de sa condition mais là encore il ne le supportait pas et les comparait volontiers à des crêpes (molle et plate comme leurs personnalités) recouvertes de miel (leurs façon de s’exprimer mielleuses).
Un autre de ses passe-temps était les prostituées de luxe. Cela lui permettait d’utiliser l’argent de son père et de remplir ainsi une sorte d’obligation vis-à-vis de celui-ci. Une des personnes qui s’occupait de gérer la fortune de son père pouvait informer ce dernier que son fils était toujours vivant car il dépensait de l’argent dans le plaisir le plus vital qui soit. Cependant Pierre ne se prêtait à cette activité que de manière machinale sans trop y éprouver de bien être comme toute personne habituée à tout avoir sans effort depuis sa naissance. Je veux dire par là que baiser ne lui ôtait pas sa mauvaise humeur, la jouissance lui faisait tout juste oublier cet état d’esprit. On pourrait se dire qu’il n’avait qu’à ce droguer. En effet dans son milieu ce n’était pas les drogues qui manquaient, loin de là. Mais là encore il ne voulait pas. Même plus que ça il trouvait cette façon de s’occuper parfaitement stupide et méprisait encore plus ces gens que ses « friandises ». Non pas parce que son père l’avait avertie des méfaits de ces substances (de toute façon son père ne lui avait jamais parlé de drogues, de contraception ou de MST) mais simplement par le fait qu’il trouvait ridicule au plus haut point les changements de personnalité qu’entraînaient la consommation de ces produits. Il avait vu un homophobe notoire réclamé qu’on lui fourre une boule de pétanque dans le cul, une femme qui prêchait l’abstinence avant le mariage devenir une vrai chienne en chaleur…ces transformations lui faisaient horreur ou peut être avait il peur que cela ne réveille un démon en lui. Dans sa quête du remède à sa mauvaise humeur qu’il avait commencée à la vieille de ses vint six ans, il crut bon un jour d’imiter son père. Il l’avait vu de nombreuses fois frapper des femmes en arborant un large sourire. Un soir qu’il avait commandé une hôtesse il décida de passer à l’action. Après avoir couché avec elle et comme elle s’apprêtait à quitter sa chambre il lui administra un aller retour qui eu pour conséquence une entaille nette à la pommette droite et un splendide coquard d’un bleu profond à l’œil gauche. Malheureusement pour lui la fille ne se laissa pas faire et sortie prestement une bombe lacrymogène et l’aspergea directement au visage. Il hurla de surprise puis de douleur et porta les mains à ses yeux. L’hôtesse s’enfuit sans demander son reste en l’invectivant : « Sale fils de pute !!! ». Le pire, pensa-t-il en se nettoyant les yeux dans la salle de bain, s’était que c’était tout à fait possible. Inutile de préciser qu’il était toujours de mauvais poils. D’autant plus que la fille ayant alerté son employeur ce dernier téléphona directement à son père et, chose extraordinaire, son chère papa lui ordonna de vive voix et en tête à tête dans un restaurant chic de ne plus jamais recommencer ce genre de connerie. Ce soir là en rentrant seul et éméché dans une des innombrables résidences dont il possédait les clefs il conclu que son père devait avoir des avantages auprès de cette boîte d’hôtesses (acquis grâce à sa fidélité ?) qu’il risquait de perdre si ses dérapages se reproduisaient et qu’il s’agissait d’une situation d’une gravité exceptionnelle.
Bien sûr il avait suivi une formation scolaire tout à fait classique pour un gosse de riches. Ni mauvais ni bon en terme de notes, ses professeurs ainsi que les autres élèves le laissaient dans son coin après avoir constaté chez lui un mutisme jugé dédaigneux. Son père ne lui ayant jamais expliqué l’utilité d’apprendre à l’école et que par la suite il ne lui demanda pas de travailler (encore moins « chercher » ou « trouver » un travail), il n’était pas impliqué dans le processus d’apprentissage et complètement déconnecté de la réalité car il n’avait à fournir aucun effort pour exister. Au sein d’une famille où seul son père était la figure non interchangeable (il n’avait pas de frères ou de sœurs ou peut être que si mais ils n’avaient pas été présentés de toute façon) l’école aurait pu lui apporté une certaine stabilité, une base sociale qui lui faisait terriblement défaut. Cet échec est à mettre sur le compte de son caractère : il était comme une toile ciré, tout ce qu’on pouvait lui dire glissaient sur lui et le peu de personnes ayant cherché à lier connaissance avec lui (dont pas mal de femmes vénales) s’étaient retrouvés face à un mannequin de cire inexpressif.
Voilà à quoi se résume jusqu’à aujourd’hui l’existence de Pierre. Ne cherchez pas, il n’y a rien de plus.
Il est minuit. Un onze septembre parmi l’une des années du vingt et unième siècle et Pierre s’ennuie toujours. Il repense machinalement à son père maltraitant une de ses femmes avec un plaisir presque communicatif. Vous avez devinez, il croit encore qu’il pourra se débarrasser de s mauvaise humeur en usant de la force sur le sexe dit faible. Il est du genre obstiné ou, un peu moins flatteur, manquant totalement d’imagination. Malgré ses défauts il sait bien qu’il ne peut pas réitérer sa mésaventure de la dernière fois avec la call-girl. Il prendrait donc une pute ordinaire. Personne ne viendrait lui interdire de la tabasser. On ne s’étonnera pas qu’il aille déléguer la tache de trouver une prostituée à d’autres personnes. Il s’habilla donc et pris la direction d’un commissariat où il savait pouvoir compter sur la cupidité des policiers. Il gara sa décapotable devant l’entrée du commissariat et y pénétra avec l’assurance de l’homme riche face à des fonctionnaires en bas de la hiérarchie. Il n’y eut pas de négociation. Il expliqua ce qu’il voulait et le prix du service. Les quatre hommes de lois présents acquiescèrent et deux d’entre eux partir séance tenante. Ceux qui étaient restés le conduisirent dans la pièce dédiée aux interrogatoires : deux chaises se faisant face avec entre elles une table et sur celle-ci une lampe de bureau. Pas de fenêtre, pas de caméra, pas de miroir sans teint. « Parfait. » lâcha laconiquement Pierre aux faces avides des policiers. Une demi-heure plus tard les deux agents rentrèrent de leur mission, accompagnés par une prostituée. Ils la brusquèrent un peu pour l’obliger à rentrer dans le commissariat puis dans la pièce où se tenait Pierre, debout les deux mains à plat sur la table. En pleurs et menottée la femme se retournait sans arrêt vers ses bourreaux en les suppliants de la relâcher « C’est la première fois que je fais ça ! Mon mari a été licencié, nous avons besoin d’argent pour nourrir nos trois enfants !! ». Pierre n’exprimant aucune émotion lorsque les flics le regardèrent. Rappelez-vous la toile cirée. Il désigna une des chaises à la malheureuse. Seule avec cet homme élégamment vêtu la femme se calma un peu et s’apprêtait entre deux reniflement à s’adresser à Pierre mais ce dernier l’index devant sa bouche lui indiquant de garder le silence, ce qu’elle fit les yeux écarquillées d’où couler son rimmel noir. Pierre se plaça face à elle debout derrière la table. Il remarqua qu’elle ne ressemblait pas à une fille qui fait le trottoir malgré des efforts dans sa tenue vestimentaire pour paraître désirable. Peine perdue selon lui. De toute façon tout cela n’avait aucune importance et il se pencha vers elle par-dessus la table et elle qui le regardait bouche bée, voyait la distance les séparant se réduire et restait sans bouger. A une vitesse surprenante Pierre leva le bras droit et assena une violente gifle qui la propulsa sur le sol non sans avoir heurté de la tempe le coin de la table dans un bruit mate. Pierre, indécis, fixait de ses yeux exorbités le corps étalé sur le sol en linoléum marron pâle. Le corps tressauta sporadiquement puis s’immobilisa. Pierre se sentit ridicule et inutile de la préciser, toujours de mauvaise humeur. Il sortit furibond de la pièce et réclama une deuxième fille, il paierait à nouveau le même prix. Les deux mêmes policiers mirent leur képi et partirent en chasse. Pierre regagna la salle d’interrogatoire où la femme (évanouie ou morte il s’en fout) lui montre clairement que ce n’est pas comme ça qu’il se sentira mieux mais, humilié, il ne peut qu’insister dans cette voie sans reconnaître son erreur. Il remet la chaise qui avait été entraînée par la chute de la femme sur ses pieds puis il tire par un bras le corps de la pute pour la ranger dans le coin à gauche en entrant de la pièce carré. Des gouttes de sang ont perlées et une flaque poisseuse s’est formée là où reposait précédemment la tête de la victime.
Enfin les policiers arrivèrent avec une prostituée. Une véritable enfant du trottoir rien qu’à voir ses sapes et le dédain affiché nonchalant de son attitude. Ils la menèrent tout comme la première dans la salle où Pierre contemplait d’un regard blanc la masse effondrée de sa victime. La seconde pute cria quelque chose aux flics qui venaient de la pousser sans retenu et de claquer la porte derrière elle. Après avoir copieusement frapper du pieds et des poings la porte elle se retourna, aperçu Pierre puis, suivant la traînée rouge des yeux, la fille dans le coin. Pierre ne perdant pas un instant s’approcha à grands pas d’elle qui surprise recule instinctivement et son dos butte sur la porte. Sans avoir le temps de se protéger elle reçoit de plein fouet sur sa joue droite le poing de Pierre. Elle chancelle, finit par tomber à quatre pattes et, jurant, tente de se relever. Titubant encore elle essuie d’un revers de la main le sang qui suinte de sa lèvre inférieur fendue. Elle pense à la sensation de ses dents croquant dans sa chair et crache vers Pierre qui la scrute intensément. Elle lui rends son regard avec tout ce qu’elle possède comme haine. Mais lui s’en contrefiche éperdument toujours en colère contre le monde et lui-même. Il ne voit pas d’échappatoire à sa condition, aucun souffle de vie ne gonfle ses poumons, son sang est aride. Il lui faut donc continuer ce qu’il est entrain de faire pour éviter de penser plus loin. Il se dirige résolument vers la femme à quelques mètres de lui, les bras tendus vers ce cou où palpite cette vie exécrée. Face à cet homme aux mâchoires crispées, aux yeux veinés de rouge la prostituée tente de s’éloigner mais toujours dans les vapes à cause du premier coup ses jambes ne la soutiennent plus et elle chute de tout son long. Affolée elle ne peut, dans un premier temps, que s’asseoir et à peine avait-elle eu la force de se redresser que le corps de Pierre fondit sur elle et l’obligea à s’allonger sur le dos. Un enchaînement de claques bruyantes et appuyées mélangées à des hurlement de colère farouche puis de détresse douloureuse alertèrent les policiers qui se précipitèrent dans la pièce. Ils restèrent interdits devant cette scène de sauvagerie aveugle. Pierre sentant leur présence derrière lui se retourna vers eux et les dévisagea comme s’il ne comprenait pas ce qu’ils faisaient là. Puis la mémoire lui revint et se voyant essoufflé avec sous lui une fille inconsciente il leur fit un geste pour les rassurer. Tout était sous contrôle. Il porta de nouveau son attention sur la personne sous lui. Etait elle morte ou inconsciente ? Il lui semblait qu’il s’était déjà posé la question aujourd’hui. Il se rappela la première femme. Elle jeta un coup d’œil aux forces de l’ordre et lut dans leur attitude que ces caprices de gosse de riche commençaient à leur faire beaucoup. Il se redressa, ajusta sa veste sur ses épaules et se racla la gorge. « Ok je m’occupe de tout. Retournez à vos postes » leur lâcha-t-il d’une voix laconique tout en sortant son téléphone portable. Les flics sortirent en maugréant et en échangeant des regards suspicieux d’hommes cherchant un moyen d’échapper à leur responsabilité. Quant à Pierre il ressentit une amère déception qui se métamorphosait en véritable colère en constatant que cette distraction ne lui procurait aucun résultat. Il pianota sur le clavier et mis son téléphone à l’oreille, attentif. « Oui ? » « C’est pour quatre personnes et deux corps » « J’arrive » « Mr La musaraigne, il s’agit d’un commissariat situé au XXXX… »Pierre eut une légère hésitation avant d’ajouter « Amenez Le toubib également ». « Nous serons là dans quinze minutes ». Pierre raccrocha et glissa l’appareil dans la poche intérieur de sa veste Armani bleu pâle. Il se perdit à nouveau dans la contemplation du sang de ses victimes. De nouveau il fut saisie par un sentiment d’irréalité, ce sang ne ressemblait pas à de l’hémoglobine. Il avait moins vrai que celle qu’il avait vu dans des slash movies.
Un quart d’heure plus tard Pierre entendit la porte à double battants de l’entrée s’ouvrirent puis quatre coups de feu. L’écho des déflagrations dissipé il lui semblait percevoir un ou deux gémissements de douleurs et un son par deux fois qu’il assimilait à un flash d’appareil photo. Il cria : « je suis là ! » afin d’avertir les tueurs de sa présence. Les gémissements s’amplifièrent lorsque La Musaraigne pénétra dans la salle d’interrogatoire. « Le Toubib s’amuse je suppose ». La Musaraigne se contenta de grogner et jeta un coup d’œil circulaire dans la pièce. Il savait quoi faire, Pierre n’avait rien à rajouter et d’ailleurs il n’allait pas assister à l’opération de « nettoyage ». Il gagnait déjà la sortie mais ne pu s’empêcher de regarder en biais le Toubib. Ce dernier accroupie auprès d’un flic blessé à l’estomac, sa sacoche de chirurgien pleine de bistouris, de scies à cerveau et autres objets étincelant et coupant élargissait la plaie par balle et d’une main gantée cherchait dans l’ouverture on ne savait quel organe. Le Toubib était ce que l’on appelait un fana de la vivisection. Aucun signe de dégoût sur le visage de Pierre qui préoccupé par un mal intérieur n’avait que faire des délires d’un médecin en mal d’expériences et d’un flic devenu cobaye. Une fois dans la rue Pierre s’aperçu qu’il faisait déjà jour et que la manchette de sa chemise était tachée de sang. Il mit les mains dans les poches de son pantalon Calvin Klein et s’inséra dans les déplacements matinaux des gens. A peine avait-il fait trois pas qu’il fut bousculé par un gosse vraisemblablement en retard pour l’école. « Pardon M’sieur » lui lança t-il en se retournant dans sa course, tout sourire. Pierre resta pétrifié sur place. Une idée fabuleuse venait de court-circuiter ses pensée moroses lui procurant par la même une maigre ébauche de sourire. December 17 S.A.V.E.D. récit 5Histoire 5 :
Il y avait une camionnette, pas tout à fait à l’état de carcasse. Elle avait encore ses vitres intactes. La carrosserie était mangée par la rouille qui grignotait par endroit la peinture blanche. Elle devait être ici depuis quelques mois quand on a décidé d’aller y jeter un coup d’œil après s’être pas mal requinqué chez G. Elle se trouvait sur un terrain vague à la frontière de deux municipalités dont aucune ne voulait en être le responsable pour des raisons financière et politique. De ce fait c’était comme un no man’s land et il y avait déjà eu des règlements de compte entre bandes rivales sans que la police n’interviennent et des cadavres laissés aux corbeaux et aux rats. Cette camionnette était plantée là au milieu de tas de gravas et de touffes d’herbes desséchées attendant un hypothétique retour de son propriétaire. Les portes n’étaient pas verrouillées mais on n’a retrouvé aucune clef à l’intérieur. De toute façon personne n’aurait voulu rouler en ville avec ce tacot, même complément stone. On a eu vite fait de voir qu’il n’y avait rien d’intéressant à chourer, que se soit dans la cabine du conducteur ou dans le coffre. Rien que de la poussière et une boite de fusibles! On était déçus et un peu énervés. On s’était traîné jusqu’ici pour que dalle. C’était désolant ! On avait même pas envie de la casser tellement qu’elle faisait pitié.
Puis j’ai entendu G. s’exclamer : « hé y’a la gouine là-bas ! ». Longeant le terrain vague il y avait D. qui marchait. G. l’avait surnommé ainsi car elle ne voulait pas coucher avec lui. Nous ça nous faisait rigoler car on savait qu’elle avait baisé avec deux mecs de la bande mais avec G. pour une raison inconnue elle ne cédait pas. « Hé ! D. vient voir ce qu’on a trouvé ! ». C’était R. un mec dont D. était presque amoureuse à cause de toutes la dope qu’il était capable de dénicher sans effort. Après une seconde d’hésitation elle se dirigea vers nous en faisant gaffe en marchant à cause de ses talons hauts. Elle aurait bien mit 10 minutes à rejoindre la camionnette pendant que nous on la regardait venir sans penser à rien. Personne ne savait pourquoi R. l’avait appelée. Y’ avait rien à voir et on était prêt à quitter l’endroit pour aller au bistrot (d’abord aux chiottes pour se redonner un peu de peps). J’me rappelle, j’avais une soif terrible. Il ne faisait pas trop chaud mais l’air était sec et toute cette poussière qui tourbillonnaient autour de nous. Même D. parut hésiter à mi-parcours. Elle peinait tellement sur la caillasse qu’elle devait se demander si ça valait le coup de transpirer autant pour aller voir une camionnette délabrée avec une bande de guignol dans notre genre. Alors c’est là que R. est allé vers elle. « Tu veux un coup de main ? » il lui a demandé avec une galanterie exagérée dans la voix. Elle a sourie et lui a tendu le bras comme pour un baise main. Et là R. il se baisse et se met D. sur l’épaule comme pour porter un sac à patates. Il a pas de mal à le faire vu qu’il est plutôt costaud. Il a mis la tête de D. derrière lui et il lui remonte de sa main libre sa minijupe et on voit tous qu’elle n’a pas de culotte. On rigole tous et je sens monter en moi une envie bizarre tout à coup alors je regarde les potes et je voie que leur regard annonce rien de bon. Je dois être comme eux d’ailleurs. Je me dis « quelle conne, pourquoi elle est venue ». R. est tout proche de la camionnette lorsqu’il frappe les fesses nues de D. Elle se débat en hurlant un tas d’insanités et à force de battre des jambes une de ses chaussures s’envole et retombe sur le toit. Je revoie G. qui se lèche les lèvres et qui se dirige vers les portes arrière. Il faut savoir aussi que R. en plus d’être très balèze il est vachement grand. Du coup D. qui est toujours sur ses épaules elle a la tête qui dépasse le toit du véhicule. Elle essaye de récupérer sa chaussure ou de s’agripper à quelque chose. C’était ce que je pensais qu’elle faisait, c’est pour ça que j’ai pas réagi quand elle a frappé R. au cou. J’ai compris ce qui se passait seulement quand R. l’a brusquement lâchée et a dit « Merde elle m’a piqué la salope !». Je me souviens bien de cette phrase. En fait elle l’avait carrément poignardé avec une sorte de tige en métal qu’elle a dû choper sur le toit de la camionnette. Je croie pas avoir vu l’objet. Il doit encore être par terre à l’heure qu’il est car on s’en est pas préoccupé tout abasourdi qu’on était. A moins que D. eut la présence d’esprit de l’emporter. Pendant quelques longues secondes aucun des gars n’a bougé. R. a voulu dire un truc mais il s’est écroulé en se tenant le coup d’où s’échappait un flot de sang bien rouge.
Une fois étendu de tout son long le sang a continué à se déverser sur la terre asséchée. Je n’avais jamais vu autant de sang sortir d’un homme. R. gardait les yeux ouverts mais il ne bougeait plus. Ca fait drôle de regarder une poitrine que se soulève plus au rythme de la respiration, une bouche ouverte dans laquelle la salive a disparu et un visage où les paupières ne clignent plus. Je suis un peu sorti de ma torpeur et j’ai regardé D., son visage était pas beau à voir, partagé entre les pleures et le crie d’horreur. Elle ne savait pas si elle devait s’enfuir ou s’évanouir. En tout cas elle gardait le silence le cul par terre, sans bouger de peur de se faire remarquer et passer à tabac je suppose. Le sang s’est arrêté de couler sans qu’on s’en rende compte. G. a dit quelque chose qui ressemblait à un croassement que personne ne comprit mais cela nous réveilla et on s’est tous regardé cherchant dans les yeux de chacun ce qui allait se passer ensuite. Soudain mon corps se réfrigéra et je me suis senti comme une carcasse de bœuf dans une chambre froide. C’était un peu irréel comme instant. Je pense qu’on voulait pas penser à ce qui venait de se produire, on essayait de revenir en arrière, faire comme si c’était juste une illusion, un mirage causé par le soleil mais le corps raide de R. était bel et bien sous nos yeux. Alors il y a eu comme un déclic dans nos têtes et sans rien se dire on a décidé de mettre le cadavre dans la camionnette. On voulait oublier cet accident, les conséquences, les explications à fournir à la police, et ce corps représentait notre seul problème. On pouvait très bien échapper à tout un tas de soucis en le faisant disparaître. Et puis c’était R. qui avait déconné le premier. C’est dans un état second que j’ai vu G. et S. blanc comme des linges, les yeux rouges, comme possédé, prendre le corps. J’ai ouvert le coffre et ils l’on jeté dedans. J’ai refermé tandis que G. et S. couvraient de poussière et de cailloux la flanque de sang qui avait déjà été en parti absorbée par la terre. On est tous reparti, on ne savait pas trop où mais il fallait quitter ce lieu en vitesse. J’ai dit comme ça « la vie continue, elle s’arrête pas ». Je voulais reprendre pieds dans la réalité et le son de ma voix y contribuait alors je répétais « on s’arrête pas, on s’arrête pas,… » . D. nous suivait mais un peu en retrait derrière, elle regardait ses chaussures (elle les avait récupérées heureusement). Finalement on a mis les pieds sur le bitume et j’ai eu l’impression d’un nouveau départ. Avant de perdre de vu le terrain vague je me suis retourné et y’avait rien d’horrible, c’était comme avant. Dans ma tête il y avait comme des traces de cauchemar mais je n’arrivais pas à me rappeler en quoi il consistait. R. n’était pas avec nous. C’est vrai qu’il avait l’habitude de quitter notre groupe pour aller se shooter seul, ce n’était pas du genre à partager sa came celui-là sauf pour ramener une fille. J’avais été victime d’une hallucination, une sorte de mirage cauchemardesque. Chacun sait que les songes ne sont pas réels, tout ça c’était le fruit d’une imagination de mec en manque. A force de picoler et de fumer tout ce shit le cerveau se dérègle et hop ! sans prévenir on se retrouve en pleine divagation.
Notre groupe s’est dispersé. On était tous un peu vaseux. D. est rentrée chez sa mère sûrement pour aller chercher du Prozac vu que ses mains tremblaient vachement et qu’elle avait l’air de faire un bad trip. G. et quelques autres sont allés prendre des bières et les siroter dans un parc. Pour ma part j’avais envie de marcher. C’était plus qu’un besoin, fallait que je marche. Je pense que ça m’empêchait de me souvenir du cauchemar. Je me promenais donc dans les rues avec les odeurs nauséabondes habituelles, les coups de klaxons, les femmes qui hurlaient après leurs gosses. Je me suis à accélérer la cadence jusqu’à courir sur les trottoirs en évitant les encombrants jetés par les fenêtres, les sacs poubelle éventrés d’où s’envolaient des dizaines de mouches lorsque je les enjambais. Au bout d’un moment quand le soleil fut caché par les immeubles j’ai réalisé que j’agissais comme un taré et en plus de ça j’étais essoufflé, assoiffé et complètement carbonisé. Je me suis écroulé sous un porche sans faire attention s’il était propre (il y a souvent des seringues là dessous) ou occupé (il y a également des clodos ou/et junkies). J’ai repris mon souffle et j’ai aperçu de l’autre côté de la rue trois clodos qui se piquaient avec la même seringue. Ils avaient l’air de se soucier de rien genre carpe diem, l’esprit tranquille alors que moi j’avais des picotements dans la nuque et je sentais que tout mon corps réclamait à grand cri déchirant une dose de n’importe quoi. J’allais paniquer dans quelques secondes. Alors je me suis levé en direction des SDF à moitié groggy, affalés comme ils étaient on aurait dit un tas de vieux vêtements super grades. Je me rapprochais d’eux lorsque j’entendis la respiration encombrée de l’un d’eux et vis le teins jaune d’un autre. Il avait le visage d’un mec qui a vécu plus de mille ans tant sa face était affaissée et pleine de trace bizarre. Le troisième était allongé à plat ventre la tête dans ses bras. Et enfin arriva leur puanteur et j’eu un haut le coeur. La tête me tourna et je pris mes jambes à mon coup. Je commençais à délirer et ma vision se déformait faisant fuir ce que je voyais en même temps que cela semblait foncer sur moi. Je flippais méchamment lorsque enfin je pus atteindre ma réserve de came dans ma piaule. Je me préparais à la vitesse de l’éclaire un shoot et seulement au moment du grand voyage je me suis senti mieux, relax, rigolant de moi-même. Et je me mis à penser aux trois loques. Fallait vraiment être des moins que rien pour se laisser aller à une telle déchéance ! Quelle faiblesse ! Putain cette journée avait été bizarre mais je sentais au fond de moi qu’il ne fallait pas se laisser abattre par des événements incontrôlables (à quoi je fais référence là ?). Des coups durs il y en aurait d’autres. Le destin joue des sales tour (ce matin il s’est passé quoi ?) mais faut pas s’en faire tant qu’on a la force du groupe. Faut juste qu’on continue comme avant : se battre, voler les plus faibles, boire et le must se shooter, fumer, gober, se piquer, et tout le tremblement ! Je vais me refaire une dernière piquouze et j’irais rejoindre mes potes dans le parc et je leur dirais qu’on pourrait aller casser la gueule à trois clochard pas loin, juste pour rigoler comme ce matin quand on a fait croire à D. qu’on allait la violer, vous vous en rappeler ? Tu m’étonnes ! December 05 S.A.V.E.D Récit 4 (2ème partie)« … Amen. » La vieille femme se releva en s’époussetant les genoux bien que le parquet eut été ciré quelques heures auparavant. Elle regarda encore le tableau représentant le portrait de la vierge Marie. Une onde de souvenirs traversa ses yeux de myopes. Petite fille elle craignait le regard de la Vierge Marie le jugeant sévère presque cruel. Ses parents avaient accroché ce tableau dans sa chambre le jour de ses sept ans et lui avait dit de toujours la regarder avant de faire une action ou lorsqu’elle se sentait perdue. Les yeux de la Vierge Marie lui apporteraient la réponse. Petit à petit elle avait appris à comprendre les nuances de ce regard. Il n’était plus si froid et dur mais juste et bon. Elle en conclue qu’elle vivait selon la volonté du Seigneur, qu’elle était sur la bonne voie. Toutefois en grandissant elle fit de moins en moins appel au tableau pour prendre ses décisions car elle pensait qu’elle connaissait tous les enseignements et les comportements dignes d’une bonne chrétienne. En y repensant elle se trouvait extrêmement prétentieuse mais à l’époque elle avait l’assurance frivole de la jeunesse. Elle s’aperçu plus tard que sa foi avait été mise à l’épreuve et qu’elle avait échoué. Pour la punir le Seigneur allait lui donner un fils qui porterait en son sein un des plus grands pêché. Elle avait elle-même pêchée par orgueil, la chair de sa chair serait donc elle aussi souillée. Tout cela elle le compris en instant le jour où son fils Olivier lui annonça qu’il était homosexuel. Tout son être s’était révulsé face à cette révélation et elle ne put s’empêcher de hurler « Hors d’ici abominable pêcheur !! » Olivier avait baissé la tête alors que son ami, assit à ses côtés, souleva un sourcil en la regardant bien en face, la provoquant délibérément. Elle s’était levé d’un coup et avait craché à la face de cet apôtre du Diable. La suite se perdait dans le flot de sa colère. Quand son cœur finit par se calmer elle était seule. Elle se précipita dans sa chambre et s’agenouilla devant le tableau et pria avec ardeur, réclamant le secours de la Vierge Marie. Mais elle n’arrivait pas à se débarrasser de son écœurement. Elle se sentait couvert de déjections et d’immondices de toutes sortes mais le pire était qu’elle avait la sensation que son âme avait été violée par son propre fils. Déboussolée elle le fut encore davantage lorsque le tableau se mit à vibrer d’une sourde fureur. Elle qui s’attendait à devoir être le bras vengeur du Seigneur elle voyait dans le regard de la Sainte Vierge un mécontentement maternelle indigné. Il ne fallait pas qu’elle abandonne au Malin son fils. Le jeter hors de chez elle n’était pas Chrétien. Elle devait le ramener dans le droit chemin. Rappelle toi la brebis égarée ainsi que les épreuves que le Seigneur impose constamment à chacun de ses enfants. Les portes du Paradis sont à ce prix. Elle prit contact avec son fils et l’enjoignit de revenir à l’appartement, qu’elle avait à lui parler comme une mère à son fils. Il ne put dire non. Avant sa venue elle chercha dans ses prières la force d’endurer ce qu’était devenu Olivier, elle devait combattre par sa force morale la maladie qui entraînerait inévitablement son fils du mauvais côté. La Vierge Marie avait été claire, s’il continuait dans cette voie contre nature, tout deux seraient voués aux flammes de l’enfer. Il l’avait pourtant toujours écoutée mais, comme elle, en grandissant il s’était détaché sensiblement. Il venait de moins en moins souvent lui demander conseil. Elle aurait dû réagir plutôt et l’empêcher de sombrer dans le vice. Elle se rassurait en se disant qu’elle avait encore un certain ascendant psychologique sur lui. Il fallait qu’elle le face réintégrer sa sphère d’influence afin qu’il soit purifié.
Il arriva enfin. Elle ne l’embrassa pas, cela était au dessus de ses forces, mais elle réprima tout geste de dégoût. Elle le fit s’assoire à la table de la salle à manger. Elle lui apporta un verre de jus d’orange dans lequel elle avait mis un somnifère. Puis s’asseyant en face de lui elle lui sourit : « Bois c’est du jus d’orange fraîchement pressé ». Obéissant, « Merci maman », il porta le verre à ses lèvres et avala plusieurs gorgée. Elle se détendis un peu et commença à lui parler d’un ton calme comme une personne sensée s’adressant à un malade : « J’ai eu tort de m’emporter l’autre jour mais ce que tu m’as révélé était si contraire à tout ce que le Seigneur souhaite pour chacun d’entre nous et à toutes les valeurs de bon sens que je t’ai transmises que cela fut comme un électrochoc. Je dois te dire, car cela est mon devoir de mère, que tu es perdu et que je porte sûrement une part de responsabilité. C’est pour cela qu’aujourd’hui je te tends la main (Olivier finit de boire son jus d’orange) et que je t’aiderai à retrouver la foi. C’est le diable bien sûr qui l’a muselé à l’intérieur de ton âme actuellement décadente mais elle doit retrouver toute sa blancheur. Regarde autour de toi comme le monde va en déclinant. La catastrophe du onze septembre, les tsunamis ravageurs, sont les stigmates d’un monde impie. Le Seigneur ne peut accepter que les hommes bafouent Ses lois. Et ce n’est… », Olivier s’endormit sur sa chaise sans en avoir conscience.
« …t’apporte la rédemption. » Olivier ouvrit les yeux et la première chose qu’il vit fut le tableau de la Vierge Marie. Le portrait que sa mère avait hérité de ses parents et qu’elle lui avait à son tour imposé. Cette image haïe puis apprivoisée comme étant le double de sa mère. Son esprit était comme paralysé face à ce regard maternel mais également à cause du somnifère avalé. Il ne parvenait pas à se rappeler comment il était revenu dans la chambre de son enfance. Son corps lui aussi était immobilisé. Il se rendormit plus pour échapper à la peur qui l’étouffait à cet instant que de fatigue. Juste avant de s’abandonner à un sommeil troublé il réalisa qu’il y avait une présence à ses côtés.
« … pour le salut de ton âme. ». Une voix masculine. Olivier eut l’impression d’avoir été extirpé du néant par cette voix rauque qu’il avait déjà entendu quelque part sans réussir à y mettre un visage. Il dut renoncer à s’asseoir sur son lit car ses bras et ses jambes lui donnèrent l’impression de peser des tonnes. Il resta donc coucher les yeux fixant le plafond de sa chambre. Il se concentra pour savoir si la voix qui continuait à prononcer des phrases liturgiques était dans sa tête ou non. Il ne savait pas non plus s’il faisait très sombre ou si sa vision était floue. Cette fois-ci il lutta pour ne pas se rendormir malgré un fort sentiment de désorientation grandissant au fur et à mesure qu’il tentait de rassembler les évènements qui l’avaient amené ici et dans cet état. Son effroi était accru par une sensation dérangeante : il se sentait étranger à lui-même. N’y tenant plus il appela : « Maman… ». Mais sa voix était faible et éraillée. La présence à son chevet bougea et il senti en frissonnant qu’une main froide et ridée se posait sur son front en sueur. La voix (il sut à ce moment qu’elle n’était pas dans sa tête) prononça des mots en latin dont le sens lui échappa l’enfonçant un peu plus dans la confusion. Heureusement que ses yeux s’étaient habitués à la pénombre et les contours familiers de sa chambre calmèrent ses nerfs douloureux. Les interstices des persiennes laissaient passer quelques raies de lumières rassurantes. Dans cette lumière il cherchait un lien avec le réel. La porte s’ouvrit soudain au moment où il croyait voir le visage de la vierge marie se détaché de la toile et se rapprocher vers lui en remuant imperceptiblement les lèvres. Il tourna la tête autant pour fuir le mouvement hypnotisant de cette bouche que pour voir si c’était sa mère qui était entrée. A son grand soulagement s’était bien elle. Elle s’arrêta juste derrière une ombre, non il s’agissait d’un prêtre. Il le dévisagea et reconnu un vieil ami de sa mère. Un frisson le parcouru lorsqu’il se remémora un article paru dans un journal : ce prêtre avait été excommunié il y a plusieurs années car il avait pratiqué un exorcisme sans autorisation. La séance avait laissé l’exorcisé tétraplégique. Instinctivement il essaya de se lever. A cet instant il se rendit compte qu’il était attaché aux barreaux de son lit à l’aide de sangle en cuir. Il interrogea sa mère du regard mais il comprit qu’elle respectait les indications du prêtre déchu qui lui-même avait une mission confiée par sa mère. Elle avait indiqué le but à atteindre et lui les moyens pour y arriver.
Ils obturèrent sa fenêtre et seules deux bougies diffusaient en permanence une fragile lumière, une pour éclairer le portrait de la sainte Vierge et une autre pour que l’ex-prêtre puisse lui lire des extraits de la Bible. Olivier perdit la notion du temps. Sans arrêt il entendait parler de pureté, de la Foi, de pénitences, sous le regard immobile du portrait de Marie et de sa mère. Même lorsqu’il s’endormait il voyait toujours ce visage patient et plein d’une douceur infinie qui plongeait dans son corps et dans son âme. Il lui arrivait souvent d’avoir des éjaculations nocturnes. Il n’avait droit qu’à un verre d’eau toutes les quatre heures et un bol de soupe (en fin de journée pensait-il). Un jour il se réveilla et entendit le silence. Le prêtre déchu était parti. Il vit sa mère ouvrir puis refermer sa porte puis passer devant son lit. Elle ouvrit la fenêtre puis les persiennes. La lumière du soleil inonda la pièce comme une vague déferlante et ses yeux lui firent atrocement mal. Mais après avoir été imprégné de cette ambiance austère pendant une si longue période un sentiment de bonheur éclatait dans son cœur. Encore peu habitué par tant de luminosité tout ce qu’il voyait était auréolé d’une blancheur immaculée. Sa mère le détacha et ils se sourirent mutuellement. Malgré sa faiblesse il réussit à s’asseoir sur le bord de son lit. Il enlaça sa mère et posa sa tête sur sa poitrine. Il n’avait plus peur. Son impression de n’être plus le même s’était estompée sous les effets bénéfiques de la lumière. Son corps était lavé, il se sentait neuf, purifié. Son cœur débordait d’allégresse et tout en tenant dans ses bras sa mère il remercia du regard le portrait bienveillant de la Sainte Vierge. Il senti que sa mère relâchait son étreinte. Elle s’écarta un peu de lui et prit un plateau sur lequel était posé un repas complet délicieusement odorant. Elle le mit sur ses genoux mais avant qu’il puisse se saisir des couverts elle lui prit les mains dans les siennes. A genou devant lui elle le fixa droit dans les yeux avant de murmurer : « Il te reste une dernière chose à accomplir afin d’être sauvé définitivement. Tu dois le faire car cela scellera ton retour parmi les justes dont les enfants du seigneurs font partis. » A cet instant le visage de sa mère ressemblait traits pour traits à la Vierge Marie. November 30 S.A.V.E.D Récit 4 (1ère partie)Certaines réactions n'ont de sens qu'en ayant connaissance du passé de la personne. Est on toujours responsable de ses actes ? Récit 4 (1ère partie) _ Oliver ! Tu as eu une excellente idée, cet endroit est paradisiaque. Il n’y a personne !
Le jeune homme marchait devant son compagnon en se déhanchant, son sac mauve en bandoulière qui lui frappait les fesses à chaque pas. L’autre le regardait et on devinait une forme de tristesse dans ses yeux. Néanmoins il répondit d’une voix complice :
_ Il y a longtemps mon père m’avait emmené ici avec ses amis. J’étais gosse à l’époque mais je me suis rappelé de l’isolement du lieu. Et de ce cadre romantique grâce au lac et à la forêt. Et arrête de m’appeler Oliver !
Celui qui avait le sac se laissa rejoindre puis enlaça son ami qui posa sa tête sur son épaule. Ils marchèrent un moment en silence sur les gravillons blancs jusqu’à la plage.
_ Il y a beaucoup de brouillard. La rive opposée est invisible constata « Oliver » d’une voix placide.
Et de fait cette brume très dense apportait une touche mystérieuse à l’endroit. On n’aurait pas été surpris d’apprendre qu’un monstre rôdait sous la surface immobile du lac ou qu’un yéti épiait notre couple de derrière un arbre.
_ La saison touristique commence dans 3 mois. C’est pour ça que c’est désert. Tout est fermé mais y’a moyen de prendre une barque affirma « Oliver ».
_ Oh oui ! J’adorerais faire une ballade sur ce lac si fascinant ! C’est tellement grisant d’être loin de la terre ferme et de se laisser dériver vers l’inconnu. On pourrait même faire quelque petite chose… et il adressa un clin d’œil plein de sous entendus à son compagnon.
Celui-ci lui adressa un sourire calme et se dirigea vers une masse sombre un peu plus loin sur la rive à sa gauche. C’était une baraque en bois où été entreposés le matériel d’entretien des barques et autres outils. Juste derrière, une barque avait été conduite hors d’atteinte des eaux stagnantes du lac.
_ Allez aide moi à la foutre à l’eau ! demanda « Oliver » alors que son ami contemplait comme hypnotisé la brume s’élevant du lac. Thomas ! Tu viens ou merde !
_ A lala ! Pas la peine d’être aussi grossier. Tu vas tout gâcher avec tes hurlements de singes ! Il s’avança à contre cœur et empoigna la proue tandis qu’Oliver se chargeait de la soulever par l’arrière.
_ J’espère que je vais pas me tâcher avec ton vieux radeau s’essouffla Thomas.
Ce dernier refusant de mettre les pieds dans l’eau, ce fut Oliver qui se déchaussa et parvient à mettre à flot l’embarcation tandis que Thomas poussait à l’arrière. C’est lui aussi qui se chargea de ramer car Thomas ne voulait pas transpirer. La rive disparue de leurs de vision rapidement. Seul les clapotis de l’eau sur les rames et la coque et la respiration d’Oliver se faisaient entendre dans ce monde figé. Le brouillard toujours aussi compact humidifiait les vêtements et mouillait les cheveux. Oliver arrêta de ramer. La barque glissa encore quelque seconde puis elle se contenta de tanguer imperceptiblement.
_ On se croirait sur une autre planète. La voix de Thomas sembla s’éteindre au sorti de sa bouche tant l’espace invisible semblait immense. Il sourit d’un air taquin à « Oliver » et s’avança vers lui. Il se mit à genoux entre ses jambes. Ils se regardaient mutuellement avec désir. Thomas pris dans ses mains le visage de son ami et l’approcha lentement du sien et ils s’embrassèrent passionnément. Leurs mains se caressant les cheveux, le dos, et les épaules. A l’instant où leurs lèvres se séparèrent et que les doigts de Thomas se dirigèrent vers la braguette d’Oliver la mélodie de « fur Elise » de Beethoven résonna parmi la brume endormie. Thomas, de surprise, tomba assis au fond de la barque.
_ C’est pas vrai, tu as pris ton portable ! s’exclama-t-il outré par l’intrusion agressive de la technologie dans ce moment charnel.
« Oliver » le regarda sans rien dire et se saisie de son portable qui se trouvait dans la poche arrière de son Jean’S. Il observa l’écran pour voir qui l’appelait. Geste machinal car il le savait parfaitement. Il mit le téléphone contre son oreille.
_ Oui ?
Thomas n’entendait qu’un murmure analogique mais il détourna la tête ostensiblement pour bien montrer qu’il désapprouvait l’attitude de son ami.
_ Oui.
Thomas donna un coup de pied dans les rames qui gisaient au fond de la barque. « Oliver » fronça les sourcils à l’attention de Thomas qui lui tira la langue en retour.
_ Oui.
Il raccrocha en poussant un soupir d’impatience. Thomas fit mine de n’avoir rien vu et vilipenda son ami.
_ Je sais que c’était ta mère, ta très cher et tendre maman ! Tu sais Olivier elle t’as mis au monde mais c’est pas Dieu tout puissant !
_ Arrête et ferme les yeux Tom. J’ai une surprise pour toi.
En disant cela sa bouche souriait, le ton de sa voix était pleine d’entrain mais le regard était morne. Thomas ne remarqua rien et, les paupières closes, souriait aussi.
En ne lâchant pas des yeux son petit ami, Olivier ramassa une des rames. Il affirma sa prise des deux mains, ressentant la dureté et la rugosité du bois. Puis, les larmes aux yeux, il leva la rame et l’abattis de toutes ses forces sur le crâne de Thomas. Le corps de ce dernier s’effondra lourdement. Un voile couvrit les yeux exorbités d’Olivier et sa conscience se replia sur elle-même terrifiée par le côté brutal surgissant du plus profond de son âme. Sa victime avait-elle été tuée sur le coup ? Il ne le savait pas mais il lui assena un second coup. Du sang éclaboussa la barque. Il retira la rame du crâne défoncé. Des gouttelettes d’hémoglobine lui tombèrent sur le visage lorsqu’il souleva la rame au dessus de lui pour l’écraser une troisième fois sur le cadavre. Il répéta ce geste plusieurs fois et de plus en plus furieusement en gueulant :
_ Pédé !! Pédé !! Pédé !!! Il ne savait pas si cela était un constat vis-à-vis de lui même ou une insulte proférée à l’encontre de Thomas. Il n’était plus lui-même. Il agissait comme possédé par une volonté plus forte, plus haineuse que la sienne. Finalement la rame échappa à ses mains épuisées et tomba à l’eau. Le sang forma un halo noir autour de l’arme. Haletant, debout dans l’embarcation il cherchait à reprendre ses esprits, à calmer cette rage si soudaine. Le sang s’écoulait de ce qui restait de la boîte crânienne de Thomas.
Plusieurs heures après la barque avait été ramenée à son point de départ. Un cadavre gisait à l’intérieur. Des empruntes de pas laissèrent des marques ensanglantées sur les cailloux blancs du rivage. Le brouillard gardait la possession de l’espace et le souvenir de cette journée. November 17 S.A.V.E.D Récit 3Toute ressemblance avec des personnes existantes ou des expériences personnelles seraient pures coincidences... Histoire 3 (Alcool): L’homme, aux prises avec un cauchemar, tordait sa couverture de ses mains en émettant des râles sourds. Il se voyait assistant impuissant à la séduction de sa femme par le directeur de la boîte de conseils financiers pour laquelle il travaillait. Ce n’était pas un rêve mais une répétition de la réalité. Portée par une soif de réussite professionnelle et financière il avait fermé les yeux sur leur liaison. Il s’agissait d’un pacte tacite : il grimpait les échelons hiérarchique et son patron grimpait sur sa femme. Elle était jolie, dix ans de moins que lui et donc vingt de moins que son boss. Cette situation (connue de tous dans la boîte ainsi qu’il l’apprit plus tard) lui allait parfaitement, enivré qu’il était par son aisance financière, valeur portée aux nues par ses parents qui lui avait inculqué ce facteur primordial à leurs yeux. Curieusement, de son côté, il n’allait pas voir d’autres femmes. La sienne le lui interdisait arguant que c’était grâce à elle qu’il était là où il était. Il accepta ce fait sans trop réfléchir et se contenta donc de louer des DVD pornographiques quand l’envie se faisait trop pressante et que sa femme avait la migraine. Ses deux enfants, un fils et une fille, qui étaient la semaine en interna dans un lycée privé ne savaient rien et ne voulaient rien savoir hormis ce qu’ils pouvaient leurs acheter.
Mais le couple illégitime en eut assez du mari cocu et, un beau jour (un lundi pour être précis), l’homme fut licencié pour faute grave. Bien entendu cela fut monté de toutes pièces. Le lendemain les affaires de sa femme avaient quitté l’appartement conjugal. Pour cet homme se fut une douche froide suivi d’un coup de couteau dans le dos. Tout s’effondra : sa vie « paisible », ses finances, et sa confiance en lui. Et depuis, comme si ses journées n’étaient pas assez pénibles, il rêvait des deux amants. Toujours dans les méandres de ce songe, il se trouvait maintenant dans la chambre du couple et l’humiliation bouillonnait à tel point dans son cerveau que tout autour de lui devenait rouge et de témoin invisible des ébats physiques des traîtres il devint acteur. Il était debout au pied du lit grinçant des dents et écumant de rage. Les tourtereaux stoppèrent leur coït et le dévisagèrent avec malice, presque à lui rire au nez. Il remarqua alors qu’il était tout aussi dévêtu qu’eux mais sans couverture pour se dissimuler. Sa colère décupla, son visage se plissa en une multitudes de rides de haine et soudain il s’aperçu que ses ongles se transformaient en griffe, que ses poils poussaient à une vitesse incroyable recouvrant ses muscles en développement. Il se métamorphosait en loup-garou. Le couple éclata franchement de rire face à cette ridicule démonstration de force. Ce dernier avilissement fit voler en éclats toutes les barrières psychologiques qui le retenaient encore dans le monde civilisé et il se jeta sur son ex-patron, le prit par le cou de ses mains musculeuses et l’envoya rouler bouler contre une commode où sa tête heurta un angle dans un son mate. Il s’écroula, probablement mort. Debout sur le lit l’homme redevenu bête tourna son regard sur son ex-épouse et se lécha les babines. La pauvre était paralysée par la peur, les yeux exorbités et les cheveux droits sur la tête. Il l’enserra de ses pattes griffues par les épaules et grognant sans cesse il l’obligea à se mettre à quatre pattes. Elle se débattait mais sa force était telle qu’il la maîtrisait avec un seul bras. Puis sans ménagement il la pénétra par derrière comme une chienne et tout en s’activant il lui labourait le dos, les cuisses et les fesses de ses griffes aiguisées. Son excitation l’empêcha de remarquer que sa victime s’était évanouie de douleur et bientôt exsangue. Dans un dernier râle bestial il éjacula. Dans le monde réel, les soubresauts qui suivirent son orgasme le tirèrent de son sommeil.
Il ouvrit les yeux sur la demie obscurité de sa chambre haletant et le caleçon humide. Il repoussa la couverture et se dirigea vers la salle de bain. Ces gestes furent exécutés mécaniquement et sans prendre garde à ce qui l’entourait. Il avait encore la gueule de bois mais il n’en ressentait pas moins de la honte. Il faisait des efforts désespérés pour ne pas réfléchir car il savait qu’il n’aurait que du mépris à éprouver envers lui-même. Il ne pouvait pas fuir son corps. Il ne pouvait pas censurer son esprit. La seule chose qu’il avait trouvée était l’amnésie provoquée par l’alcool. Cette dernière pensée lui fit briller les yeux. « Où est la bouteille de Vodka ? ». Le dernier souvenir embrumé qui lui revient à l’esprit était rassurant : elle était à demi pleine. Une sensation de froid au niveau de l’entrejambe lui rappela qu’il devait se changer. « Quelle heure est-il ? ». En regardant la trace de sa semence dans son caleçon il pensa à ses enfants. Cela faisait bien cinq mois qu’ils n’étaient pas venus. Il maugréât intérieurement : il avait perdu le respect de sa femme et aussi celui de ses gosses. Il ne voulait pas se souvenir. La honte reviendrait lui compresser le cœur. Mais il savait qu’il repasserait tout dans sa tête.
C’était son châtiment, une sorte d’auto flagellation mentale. Il était dix neuf heure trente ce jour là. Il venait de rentrer à son appartement après avoir fait son approvisionnement d’alcool. Il était accompagné d’une prostituée. Une vieille femme bouffie particulièrement grossière la seule qu’il puisse encore se payer et bien que se fusse un luxe pour lui actuellement il avait terriblement envie de baiser. L’alcool affaiblissait sa vigueur sexuelle mais il en avait éprouvé le besoin en passant devant les rayons réfrigérés alignant les barquettes de viande sous cellophane. C’était une envie irrépressible presque aussi forte que celle de l’alcool et donc il lui fallait une femme là maintenant. Et en faisant un détour par une certaine rue connue pour son activité nocturne il l’avait vue adossée à un mur crasseux juste à côté d’une poubelle. Il avait été presque plus tenté de partir avec la poubelle. Finalement il l’avait accostée puis après avoir marchander elle l’avait suivi. Bien entendu son cerveau avait complètement occulté la présence de ses enfants chez lui ce week-end. Par chance ils n’étaient pas là quand il ouvrit la porte de son appartement car ils en avaient eu assez d’attendre leur père parti cherchez le repas du soir. Ainsi avait-ils décidé de manger à l’extérieur. L’homme offrit à contre cœur une vodka à son invitée puis la poussa dans sa chambre. A peine une demie heure plus tard, lorsque ses enfants rentrèrent et passèrent leur tête dans l’embrasure de la porte de sa chambre qu’il avait oublié de refermer, ils purent voir leur père dans une fâcheuse position. Il était nu et à quatre pattes le visage enfoui entre les cuisses grasses de la prostituée. Cette dernière couchée sur le dos, la nuque confortablement calée par un oreiller, fumait une gitane, visiblement ennuyée par la technique de son client. L’homme leva la tête de son ouvrage au moment où sa fille poussa une exclamation dégoûtée et il vit son fils, immobile, enregistrement dans sa mémoire tout ce que la scène avait de sordide pour s’en servir contre ce père miséreux. Puis il entendit sa fille vomir quelque part dans la cuisine. Enfin comme son fils ne bougeait pas il dû se résoudre à se lever et titubant jusqu’à la porte il la ferma au nez de son enfant afin de mettre un terme à son humiliation. Il entendit la pute se parler tout haut à elle-même : « mignon ce gosse ».
Le souvenir était trop douloureux pour lui et sans se changer il couru d’une foulée incertaine vers le salon puis dans la cuisine, cherchant affolé un bouteille de n’importe quel alcool. Il renversait tout soulevant chaque vêtement jeté par terre. Quand soudain, au bord de la crise de nerfs, il remarqua tout contre un des pieds de la commode la bouteille tant désirée. Il fondit dessus comme un mort de faim, trébuchant contre une chaise invisible pour ses yeux qui ne fixaient que le goulot à quelque mètre de ses lèvres sèches. Ses mains tremblantes saisirent le corps de la bouteille et portèrent tant bien que mal le goulot à sa bouche. L’alcool coula dans sa gorge, le long de son menton dégoulinant sur le parquet de bambou du salon jusqu’à ce que ce flot salvateur se tarisse. Et dans une ultime illusion de l’oublie éternelle il s’ordonna « Dort ! » et se fracassa la bouteille affreusement vide sur le crâne. Son corps adossé au meuble s’affaissa sur le sol dans l’indifférence du monde extérieur. November 14 S.A.V.E.D. Récit 2Ne vous fiez jamais aux apparences... Histoire 2 (Destruction): Une fois de plus son mari l’avait battue avant de s’écrouler ivre mort sur le sofa. Cela faisait parti de sa vie, elle n’en éprouvait aucune amertume. Au contraire elle se sentait libérée lorsque son époux, assommé par les effets de l’alcool, ne se souciait plus de ses faits et gestes. Elle enfila donc son long pardessus beige et sorti de leur domicile conjugal. Nul besoin de lunette ou de maquillage. Les taches bleues, violettes ou rouges qu’il lui infligeait éclosaient sur les parties de son corps invisible aux gens de la rue. En descendant les escaliers la tête lui tourna et elle ressentie une brusque chute de tension qui l’a laissa étourdit quelques instants. Elle se reprit et respirant l’air frais d’automne se dirigea vers une bouche de métro. Peut être trouverait-elle l’homme qu’il lui fallait dans un wagon ? Cela lui était rarement arrivé. Un bar perdu en périphérie de la ville ferait plus sûrement l’affaire. Dans ces endroits les spécimens masculins étaient les mieux disposés à ses desseins. Elle réussit à trouver une place assise malgré le métro bondé. Pour la plupart des supporters de foot revenant d’un match. A leur vu elle prit brusquement conscience de l’odeur écoeurante de transpiration. Elle s’appliqua à respirer par la bouche par petites saccades afin d’être le moins indisposée possible. Au bout d’une vingtaine de minutes elle arriva enfin à destination. Elle s’échappa réellement soulagée du métro. Un grand type la bouscula au niveau de l’épaule droite ravivant la douleur d’une contusion. Cela ne l’énerva pas car pour elle le corps est une souffrance quotidienne. Depuis son enfance sa propre chair l’avait toujours contrainte à de multiples supplices. Elle n’arrivait pas à comprendre comment les gens pouvaient accepter leurs corps, le bichonner, le sculpter et par la même en tirer des sensations agréables. Les relations physiques n’étaient de son point de vue qu’une succession de contacts au mieux indolores. Elle aperçu un néons vert annonçant " le bar de l’industrie ". Elle s’y dirigea avec anxiété : y aurait il l’homme qu’il lui fallait ? Tout en passant devant elle regarda du coin de l’œil l’intérieur du bistrot. Cinq clients et le patron contemplaient, béats, le résumé d’un match de football. Elle s’arrêta de feindre de ne pas regarder car, obnubilés par l’écran cathodique, aucun d’eux ne remarquaient la femme les observant un à un de l’autre côté de la vitrine. Elle se décida à entrer. La clochette de la porte d’entrée tinta. Toutes les têtes se tournèrent vers la nouvelle arrivante. " Bonsoir messieurs " dit-elle d’une voix comme éteinte et qui réveilla le gentleman qui se cachait en chacun de ces hommes. " Je prendrais un café " continua-t-elle dans un soupire laconique. Le patron se pencha vers elle derrière son comptoir. " B-bien sûre Mademoiselle. Je v-vous l’amène de suite " balbutia-t-il rougissant encore plus qu’il ne l’était déjà à cause du vin blanc ingurgité depuis le matin. Elle sourit, une ligne incertaine dessinée par ses lèvres fragiles. Il crut que le sourire s’adressait à lui alors qu’elle se félicitait intérieurement d’être tombée sur un établissement tenu par un homme assez simplet pour être déstabilisé par une femme au premier regard. Par conséquent les clients devaient être du même acabit tout du moins en ce qui concernait les habitués et à cette heure tardive il n’y avait que les " piliers de bar ". Elle s’assit à la table la plus loin du comptoir afin d’avoir une meilleur vu sur l’assemblée de supporter. En toisant ostensiblement chaque clients elle marqua un intérêt plus marqué pour un rude gaillard court sur patte avec une casquettes " Leroy Merlin " qui tentait maladroitement de ne pas montrer qu’il l’a dévoré des yeux. De son côté elle remarqua avec l’aisance due à l’habitude l’alliance à sa main gauche. Le patron lui apporta avec une attitude de valet son café. " Si vous d-désirez autre chose ; Je…demandez m-moi je suis là… " et il stoppa net car il remarqua son ridicule bégaiement. Il regagna son comptoir, penaud, faisant mine d’être affairé à laver des verres. Durant tout le temps où elle but son café, elle réussi à capter plusieurs fois le regard de l’homme à la casquette. Ses yeux insistant parlaient d’eux-mêmes. Et quand elle se leva pour sortir tout en déposant de la monnaie dans le cendrier vide, il glissa de son tabouret. Poussé par l’alcool il l’apostropha : " Il est tard Mademoiselle, si je peux permettre un… heu de vous raccompagnez heu jusqu’à un taxi…De nos jours il est mieux…prudent,…avec tout ce qu’on voit à la télé ". Elle sortie sans rien répondre. Sur le trottoir elle resta devant le bar en jouant celle qui cherche sa route. Elle savait qu’il la rejoindrait et c’est ce qu’il fit dans la minute qui suivit. Mais encore une fois elle fit comme s’il n’existait pas et se mit à marcher sur le trottoir. Il l’a rattrapa et lui dit d’un ton faussement sûr de lui : " Mademoiselle je veux pas vous ennuyer mais si vous voulez j’ai ma voiture juste là et …heu j’ai vu que…enfin c'est-à-dire… il semble que…nous pourrions… ". Intérieurement elle riait devant tant d’ingénuité. Elle compris que le poisson était appâté et qu’il serait dangereux de l’humilier davantage. Elle lui mit sa main de la bouche. " Allons y " et elle bâtie deux fois des paupières. Elle monta dans sa super cinq et lui indiqua avec empressement l’adresse d’un hôtel lorsqu’elle s’aperçu qu’il avait l’intention de rester dans sa voiture. En entrant dans la chambre avec le confort et l’hygiène minimum, elle repensa à toutes les autres fois et elle gloussa de satisfaction. L’homme à la casquette verrouilla la porte. " Je m’appelle Sébastien " et il mit un chewing-gum dans sa bouche avec un sourire concupiscent. " Moi c’est Cynthia " et elle rie devant lui car c’était vraiment un prénom ridicule et qui lui était venu spontanément. Il rie aussi sans comprendre tout en déboutonnant son pantalon. Elle fut nue la première. Il se figea, une chaussette à la main, en voyant les hématomes couvrant l’objet de ses désirs. ‘Cynthia’ le remarqua. " C’est pas grave, ça fait pas mal " lui affirma-t-elle en s’allongeant sur le dos. Elle n’avait rien de plus consistant et de plus convaincant à dire. De toute façon elle savait qu’un homme en érection et à deux doigts de pénétrer une femme ne réfléchit plus. Il hocha donc la tête distraitement, finit de se dévêtir et comme prévu il se jeta sur elle. Une heure plus tard (elle avait été surprise par la durée) et passé l’excitation, l’alcool se fit soporifique pour le pauvre homme. ‘Cynthia’ repoussa le corps inerte affalé sur elle et se leva. Elle fouilla les poches du type. Elle trouva son portefeuille, nota sur un papier quelques lignes qu’elle rangea dans son sac à main et remettant le portefeuille à sa place elle s’éclipsa de la chambre. Après être rentrée à son domicile elle prit une douche, appuyant de ses doigts sur ses tâches de douleur pour les raviver. Elle gémit et fit une grimace. Elle le voulait. La douleur et son corps ne faisaient qu’un comme un handicap naturelle. Elle se prit à penser sans aucune raison à l’odeur de transpiration dans le métro et à l’haleine avinée du type à la casquette. Cela faisait une synthèse acceptable de la masculinité. Lorsqu’elle s’éveilla le lendemain matin la première chose qu’elle chercha à ressentir fut ses blessures. Elle se leva et, nue devant le miroir, elle put constater avec un œil d’expert que ses marques de violence étaient toujours aussi éclatantes. Elle s’habilla puis elle se saisit du papier où étaient noté les coordonnées du mec de la veille. Elle trouva son numéro de téléphone dans l’annuaire et l’inscrivit sur le même bout de papier. Ensuite elle descendit dans la rue et se dirigea d’une foulé pleine d’excitation contenue vers la cabine téléphonique en bas de chez elle. Elle s’y engouffra comme une actrice tomberait dans les bras du héros d’un film. Frénétiquement elle s’empara du combiné puis du papier glissa la carte téléphonique dans la fente appropriée et fermant les yeux elle prit une grande inspiration. Elle pianota le numéro avec la lenteur d’un snipper suivant sa cible à travers son viseur. Une première tonalité vint exciter son tympan. Au bout de la quatrième, chacun des " bip " la firent vibrer mentalement, une voix féminine répondit à son appel : " Madame j’aimerai vous rencontrer. Votre mari m’a montré une utilisation étonnante du chewing-gum ". Elle raccrocha avant que son interlocutrice puisse lui répondre. Il fallais la laisser mariner pour qu’après lui avoir craché sa colère elle accepte son rendez-vous. Cette démonstration de haine farouche mais impuissante attisait son sentiment de réussite. Après quelques minutes elle appuya sur la touche bis. Dès la première tonalité, la femme décrocha alors, avec une lenteur calculée, ‘Cynthia’ lui annonça comme une poésie apprise par cœur : " Quand il m’a fait l’amour, il a déposé son chewing-gum sur le nombril… " " Sale putain qu’est ce que tu veux !? " " …pour venir ensuite s’abreuver dans mon sexe. " Malgré le silence qui suivit cette déclaration, ‘Cynthia’ percevait toute la rancœur et la détresse de son interlocutrice. Elle lâcha une heure et un lieu d’un ton badin et termina d’une voix complice : " C’est important s’il vous plait ". Elle reposa le combiné. Un sourire flotta sur ses lèvres quand elle repensa à la drôle de technique avec le chewing-gum. Sans ça peut être que la femme n’aurait pas été si facile à convaincre. Apparemment il lui faisait la même chose à en juger par le silence hargneux qu’y suivit la révélation. Deux heures la séparaient encore de son rendez-vous. Elle décida de rentrer chez elle pour attendre et se préparer. Seul dans l’appartement, son mari étant à son travail, elle resta songeuse debout face à la fenêtre qui donnait sur la rue. Elle sentait une certaine tension la gagner, de temps en temps ses doigts étaient pris de spasmes. Elle les regardait en pensant que son corps était plus proche de la camisole de force que d’un confortable pyjama. Juste avant de partir elle examina avec attention ses ecchymoses. Elle approuva leurs états, les considérant comme allant de soi. Un bus la conduisit à son rendez-vous. C’était toujours dans le même parc qu’elle rencontrait les femmes trompées. Dans un coin reculé il y avait une minuscule clairière avec un banc entourée de quelques bosquets et par de grands arbres. Le sentier qui y menait avait quasiment disparu faute d’entretien. Cela sentait l’urine et les feuilles pourries. La femme était déjà assise sur le banc, regardant autour d’elle avec anxiété. Dès que sa rivale lui apparu elle se leva et pris en air outré. ‘Cynthia’ ne compris pas pourquoi elle se donnait cet air. Elles restèrent debout face à face à deux mètres environ l’une de l’autre. Juste le temps qu’un ange passe. Puis ‘Cynthia’ avança vers elle tout en la regardant droit dans les yeux. Cette femme ne ressemblait à rien, une apparence si commune que rien ne ressortait d’elle. On la voyait et la seconde d’après il était impossible d’affirmer si on l’avait réellement croisée. Elles s’assirent de concert. ‘Cynthia’ parla la première avec la même voie horriblement lente qu’elle avait déjà utilisé au téléphone : " Madame j’ai le regret de vous confirmer l’infidélité de votre mari. " " Mais comment avait vous pu faire ça !! " s’écria la femme trompée prête à bondir sur ‘Cynthia’. " Je n’ai rien voulu, je ne suis pas la coupable. " rétorqua énergiquement l’accusée en se mettant soudainement debout, et avant que l’autre ne fasse de même, elle défit la ceinture de son manteau. Puis dans le même instant elle l’entrouvrit telle une exhibitionniste. La femme trompée muette de stupeur fixait de ses yeux écarquillés le corps nue et meurtri de ‘Cynthia’. Cette dernière ne s’arrêta pas là et fit glisser son vêtement à ses pieds et fit un tour complet sur elle-même pour bien imprimer d’horreur sa spectatrice. Celle-ci reprit brusquement ses esprits, elle se jeta sur le manteau pour le ramasser. " Remettez le vite ma pauvre ! Je suis confuse…Comment ai-je pu, oh mon dieu le salaud ! Je savais qu’il en était capable mais j’ai fais comme si, oh ! Et il l’a fait sur une jeune femme ! ". Des sanglots s’échappèrent de sa gorge et elle mit ses mains devant son visage. ‘Cynthia’ toujours debout mais habillée : " Je voulais vous le dire de vive voix, je ne porterai pas plainte. Cela pourrait m’être préjudiciable également mais dans un autre domaine. " " Vous supportez ça avec une telle fierté. Vous êtes une femme exceptionnelle ! " Pleurnicha l’autre tout en faisant des efforts désespérés pour reprendre contenance. ‘Cynthia’ poussa un soupir de regret. Elle aurait bien voulu que l’autre femme s’énerve au lieu de fondre en larmes. Elle aurait accepté quelques gifles. Toute cette scène était si plate. Elle murmura un " bonne chance " énigmatique et tourna les talons. L’autre sanglotait toujours. ‘Cynthia’ monta dans un taxi, montra une adresse sur un bout de papier et s’enfonça confortablement (autant que lui permettaient ses hématomes dans le dos et sur les fesses) dans les sièges en cuir de la berline. Comment se terminerait cette aventure ? Voilà à quoi elle réfléchissait en patientant dans un snack avec vue sur l’immeuble du couple dont elle espérait avoir détruit la vie sentimentale. Elle doutait fort que cela soit aussi exaltant que la fois où la femme trompée, plus forte et plus grande que son époux, l’avait défénestrée du haut du sixième étage de leur appartement. Réalisant la portée de son acte elle se laissa tomber aussi. Une foule dense s’était agglutinée autour des deux cadavres alors qu’elle s’éloignait en se disant qu’elle venait de les libérer de leur corps une bonne fois pour toute. November 04 S.A.V.E.D Récit 1Il s'agit là de la première nouvelle d'un recueil baptisé "S.A.V.E.D. ou le nauvrage de l'esprit"
comme d'habitute pour un public averti...
bonne lecture toutes nos excuses pour les fautes d orthographes
A vos commentaires...
La première histoire est celle d'un tueur tres rapproché...
Histoire 1 :‘La musaraigne’ Un dimanche d’été, une Jaguar stoppe au beau milieu d’une zone industrielle déserte. Le soleil darde ses rayons sur la carrosserie verte métallisée. La poussière soulevée par l’arrivée du bolide retombe paresseusement. Tout autour l’immobilité semble être la règle. Dans l’habitacle, l’air frais généré par la clim’ assèche la bouche de la conductrice et de son passager. Celle-ci déglutie bruyamment un filet de salive pâteuse, avant de s’adresser à l’homme assis à côté d’elle : « Je veux que vous tuiez mon mari. Il me trompe… j’en suis certaine ». Elle ôte ses lunettes et fixe d’un regard hautain et provocateur l’homme impassible. Devant l’absence de réaction de son interlocuteur elle se froisse quelque peu et cherche à se venger : « Pourquoi vous surnomme-t-on ‘La musaraigne’ ? Votre visage sans doute… ». L’homme ne répond toujours rien, le regard hagard comme s’il était ailleurs. En réalité ‘La musaraigne ‘ s’efforce de contenir son dégoût que lui provoque la promiscuité de cette femme. Il ne supporte que peu de temps la proximité des êtres humains à l’exception d’un seul moment. Avec une moue de dédain la femme se retourne et s’empare de son sac à main. Elle en sort une photo toute chiffonnée et la tends au tueur à gage. Ce dernier s’en saisie et y jette un coup d’œil rapide. C’est une photo de mariage. ‘La musaraigne’ reconnaît la femme en plus jeune (au minimum vingt ans de moins) dans une robe blanche proposant un décolleté à damner un saint. A ses côtés, debout sur un tabouret, non visible mais que l’on imagine, raide comme un piquet, un nain en smoking. Un sourire forcé crispe son visage comme s’il savait que son meurtrier le regarderait un jour. « C’est lui que vous allez tuer » annonça inutilement la femme qui semblait plus vieille aux yeux de ‘La musaraigne’ une fois qu’il eu regardé le cliché. Elle l’en dégoûtait d’autant plus. Il opina du chef car il devait tout de même montrer qu’il comprenait ce que l’on attendait de lui. Devant cette marque de bonne volonté la femme continua : « Pour ce qui est du prix… ». Elle laissa sa phrase en suspends et fit un mouvement lascif montrant clairement que le paiement en nature était envisageable. ‘La musaraigne’ se crispa encore plus, serra les mâchoires et se saisie de la poigné de la porte. Avant que la femme ne tende ses bras vers lui il était dehors. Il marmonna sans même regarder la conductrice : « On fait comme il a été convenu » et il claqua la portière. La Jaguar vrombit et fila instantanément comme si sa conductrice pouvait fuir l’humiliation qui l’assaillait. ‘La musaraigne’ regarda autour de lui visiblement soulager du vide humain. Il se mit en marche en direction de chez lui buvant par petite gorgée au goulot d’une bouteille de whisky. Au moment où il arriva au pied de sa porte il terminait la bouteille. Il louait une chambre dans une vieille maison en banlieue entourée d’HLM vétustes. Les toilettes étaient dans l’arrière cours. La propriétaire était une « ex bonne sœur » comme elle s’était elle-même présentée. Elle n’avait rien dit de plus à son sujet. Peu bavarde, elle lui avait cependant dit en lui montrant du doigt la bibliothèque de la chambre pleine de livres religieux : « Cela peut vous servir ». « Peut être mais dans une autre vie » avait tout d’abord pensé ‘La Musaraigne’. Puis il avait pris l’habitude de scotcher sur les pages du « nouveau testament » les tirages de ses futures victimes comme il le faisait en ce moment même avec la photo des mariés amputée de la partie où figurait la femme. Il enleva un cordon auquel pendait une clé d’autour de son cou. Il l’introduisit dans la serrure de l’unique armoire de sa chambre. Il ouvrit la porte gauche du meuble et en sortie un volumineux album photos marron qu’il posa sur son unique table en bois non verni. Il se déshabilla et jeta ses vêtements au pied de son lit une place aux montures métalliques tout droit sortie d’un quelconque pénitencier. Complètement nu, il s’assit face à sa table et commença à feuilleter l’album photos. Son regard s’attarde sur les images, il en touche quelques unes du bout des doigts. Sa respiration s’accélère en même temps que son sexe se durcit. Après trois ou quatre pages il commence à se masturber énergétiquement. Il tourne les pages jusqu’à la dernière où ses yeux exorbités fixent intensément une photo. Il s’éjacule dans sa main restée libre en poussant des gémissements étouffés. Une fois qu’il a repris son souffle, il se lève et se rince les mains dans le minuscule lavabo tout contre son lit. Il s’essuie les mains avec sa couverture et s’allongeant sur son lit s’endort couvert de sueur. Quelques heures plus tard, le soleil pénétrant par d’étroites lucarnes tamise d’une lumière orangée la pièce. ‘La musaraigne ‘ se lève, la bouche pâteuse et un battement sourd au niveau de ses tempes. Il se passe la tête sous le robinet, s’asperge le corps d’eau avec ses mains. Puis il reste nu, les paupières closes, debout les bras ballants. Une fois qu’il se sent réellement éveillé il range l’album photos dans l’armoire, la verrouille soigneusement et repasse la clé autour de son cou. Il ramasse ses vêtements et les enfiles avec calme. Il s’accroupi, passe la moitié supérieur de son corps sous lit et en détache avec précaution un magnum 44. L’arme toujours à la main il prend « le nouveau testament ». Il s’assoit et place devant lui contre le mur le livre ouvert à la page où le nain n’a toujours pas perdu son sourire contraint. Cette installation rituelle terminée il peut s’atteler au nettoyage de son arme tout en jetant des coups d’œil attentifs à la photo du nain. Une fois qu’il eu fini ce cérémoniel d’avant meurtre, il replace le livre dans la bibliothèque et s’emparant d’un sac à dos gris. Il y dépose le Magnum 44 entouré d’un chiffon et un appareil photos à tirage instantané. Il sortie de sa chambre sans faire de bruit puis monta dans sa voiture et se rendit non loin du lieu de travail de sa cible. C’était la fin de journée, le temps était clair, sans vent mais on pressentait un orage. La future victime descendis les quelques marches qui le séparaient du trottoir. Et après une dizaine de mètres il rejoignit sa voiture, un 4x4 de luxe. Il démarra. ‘La musaraigne fit de même. De tout son corps émanait la concentration la plus forcenée, ses yeux enregistraient tous les détails dans la conduite du nain afin de parvenir à une connaissance de sa proie et ainsi de déterminer à l’avance ses réactions. ‘La musaraigne’ pensait que grâce à cela, il agissait comme un professionnel, comme un tueur expérimenté que la centaine de meurtres à son actif attestait déjà. Il avait un besoin presqu’inconscient de se construire cette image de sérieux pour ne pas se voir comme un malade de la gâchette, un barbare assoiffé de sang. Ainsi s’exprimait son amour propre. Les deux voitures sortirent de la ville et roulèrent en direction de la mer. Soudain, sans raison particulière, ‘La musaraigne’ se demanda comment le nain pouvait conduire une voiture de cette taille. Il devait avoir un dispositif particulier. Cela entraîna la réflexion suivante : il n’avait jamais tué de personne de petite taille. Des hommes et de femmes de tous âges (sauf des enfants car les personnes qui veulent en tuer le font eux même, les enfants sont si naïfs et … maladroits). En y réfléchissant plus en avant cela n’avait aucune importance. Le 4x4 sorti de la route principale pour s’engager sur un sentier menant à une plage isolée. Cela l’arrangeait. Il gara son véhicule non loin de l’entrée du sentier et continua à pied sur le chemin juste assez large pour laisser passer une voiture. Au bout de cinq minutes, il arriva sur un parking circulaire où le 4x4 était à l’arrêt et visiblement vide. Un chemin pour piétons débouchant sur la mer était indiqué par un panneau en bois. ‘La musaraigne’, prudemment s’y engagea. La terre meuble étouffait le bruit des cailloux écrasés par ses chaussures de randonnées. Comme prévu il arriva sur une plage de galet où il aperçu le nain assis dos à lui, à la limite des vagues. Le vent s’était levé et faisait bruire les branches des arbres. Les nuages s’amoncelaient et l’air se chargeait d’électricité. La solitude du lieu, l’immobilité de la victime fixant l’horizon lointain, fit comprendre à ‘La musaraigne’ que la femme de la Jaguar avait tort. Son mari ne la trompait pas, peut être avait-il seulement envie de changement dans sa vie monotone. Ou alors avait-elle juste besoin de s’en débarrasser, ayant elle-même un amant ? Cela n’avait pas d’importance en réalité et il chassa d’un geste de la main ses réflexions comme il l’aurait fait d’un moustique. Puis il sortit de son sac le Magnum 44. Doucement il arriva derrière sa cible, s’approchant délibérément à moins d’un mètre d’elle. Pour quoi prendre autant de risques alors qu’avec ce type d’arme il aurait pu l’atteindre à une distance de trente mètres ? Il posa son index sur la gâchette tout en ajustant délicatement son tir sur la tête du nain. Il aimait ça quand le coup partait. La secousse le surprenait toujours, lui rappelant ses premiers tirs. Un déclic, la tête de la victime sembla écouter. Une étincelle jaillie du barillet, une détonation, la poudre se déchargeant sur lui. Le crâne explosa avec violence, des projections de sang, de cervelle et d’os vinrent lui inonder le visage. Le corps du nain est secoué par un dernier tremblement nerveux dû à la puissance du choc. Le sang est encore chaud mais il refroidit vite au contact de la peau du tueur. Pendant encore quelques secondes ce dernier est transe. Extase et réalité se sont rejointes progressivement pour le faire vibrer durant cet acte splendide. Il replaça son arme par le polaroïd. Son regard exprima l’émerveillement : la puissance de sa volonté avait réalisé ce corps inerte et décapité. Il aimait s’approcher de ses victimes et tirer à bout portant, être au cœur du tourbillon de la déflagration. Il cadra à travers le viseur de son appareil photo le buste du cadavre et ajusta de manière à mettre dans le champ le plus de morceaux sanguinolents. Le polaroïd envoya un flash. La photo sortit de la fente de l’appareil photo. ‘La musaraigne’ contempla l’image qui apparaissait, petit à petit, avec une lenteur jouissive. Finalement la scène fut immortalisée sur le papier photo, il la rangea soigneusement dans la petite poche de son sac à dos. Le ciel d’un gris menaçant lâcha alors des trombes d’eau diluant le sang sur les galets et lavant le visage extasié et un brin songeur de ‘La musaraigne’. Il ne s’était jamais branler en matant les restes d’un nain mais à en juger par la douloureuse dureté de son sexe il n’aurait aucune difficulté, une fois rentré chez lui face à l’album photos, à assouvir son excitation.
December 27 Histoire sans fin épisode 4
Episode 4 : « les seringues du vétérinaire »
Jubilant à l’idée de m’être lié d’amitié avec une créature venue d’une lointaine galaxie, mais demeurant néanmoins paralysé, j’étais frustré de ne pouvoir laisser éclater ma joie dans ce caveau salvateur.
Après une demie heure de fantasmes sur ma vie future de prophète prêchant la sainte parole auprès de la population terrienne, l’engin ralentit sa course ; et le bruit qu’il émit, résonna comme s’il venait de pénétrer dans une soute à bagages, lieu jouissant d’une température ambiante de – 50 degrés, idéale pour les expériences bioniques¹ régulièrement pratiquées par les steward qui voient là, un moyen ludique d’aider la science à lutter contre un fléau terrible : nos amis les chiens. Une espèce, qui, il est toujours bon de le rappeler, est en toute objectivité, terriblement nuisible pour l’horloge biologique des étudiants studieux, qui n’hésitent pas à sacrifier une bonne partie de leur nuit pour réviser sans relàche les dernières possibilités d’un réseau informatique en 8 lettres.
Le vaisseau s’était probablement arrêté à la douane de ma planète d’accueil pour un contrôle de routine. La tête posée, je réfléchissais à l’objet de cette invitation si inattendue. Et puis pourquoi moi ? ?
L’extraterrestre à capuche était probablement un émissaire, venu me chercher, pour me nommer ambassadeur de la planète terre, et j’allais commencer à entretenir des relations diplomatiques entre leur civilisation et la nôtre.
Aussi, je devais être le fruit de sélections très sévères pour mériter un tel honneur.
Mon épouse Misako jugeant que toute mutation à l‘étranger serait néfaste pour l’équilibre des enfants,
je songeais déjà à leur soumettre d’installer la future ambassade terrienne à Tôkyô. En effet, grâce à Internet, je pourrais leur envoyer des emails, des fichiers ou donner des visioconférences sans changer de planète et tout le monde serait content ! !
« Mais au fait ! ! J’ai ni femme jap’ , ni gosses moi ! ! ! » me rappelai-je avec désappointement.
Sans crier gare ou quoi que ce soit d’autre d’ailleurs, des vibrations particulièrement perceptibles m’extirpèrent de mes cruelles désillusions de jeune diplomate célibataire et, à mon grand étonnement, l’usage de mes membres reprit progressivement ses droits.
Puis, à l’idée enthousiasmante de m’accueillir, on ouvrit violemment la porte de mon bureau, et, des secrétaires tout de blancs vêtus se précipitèrent à ma rencontre.
Après des salutations très brèves, mes nouveaux employés m’injectèrent par voie intra testiculaire un liquide verdâtre à l’aide de seringues fort attrayantes, dotées de 3 aiguilles chacune. Elles étaient étonnamment longues, peut être bien 20 cm ; et me rappelaient les seringues utilisées autrefois par le vétérinaire pour vacciner les vaches de papa et maman.
Une personne paranoïaque aurait paniqué et conclu hâtivement que j’étais la victime d’un kidnapping.
Ne perdant pas mon sang froid, je restai lucide et pensai qu’il s’agissait là d’un protocole de bienvenue destiné au contraire à détendre l’invité que je suis. Rencontrer une civilisation nouvelle est quelque chose d’assez perturbateur, conscients de cela, ils m’avaient administré par précaution des anxiolytiques hybrides pour empêcher tout accident diplomatique.
Les hommes en blanc me firent emprunter ensuite un long couloir dont on ne voyait même pas le bout.
Au plafond pendaient toutes sortes de câbles et des caméras infrarouges étaient juchées partout, le produit faisait son effet : j’avais l’impression d’être en face d’une ancienne technologie humaine datant des années 2000.
Au fur et à mesure que je m’approchais de la sortie de ce qui était en fait un tunnel, j’entendis des voix plutôt aiguës. Des voix qui parlaient dans ma langue ! ! Et, succéda à ces voix, le son d’un jingle de pub ! !
Etaient-ce des hallucinations sonores provoquées par cette substance protocolaire ?
Pouvais-je encore faire confiance à mes sens ?
Pourquoi y avait-il des femmes parlant français sur cette planète où j’étais le premier humain a foulé le sol ?
Ne sachant plus quoi penser ni croire, je commençais à douter de tout… et si je n’allais plus jamais revoir Misako et les enfants…
1. Bionique : Mot savant qui désigne l’étude des phénomènes et des mécanismes biologiques en vue de leurs applications industrielles.
December 09 Histoire sans titre épisode 3Episode 3 "Nous avons trop chaud, aidez-nous !!"Coiffé d'une capuche sur la tête, je ne pus apercevoir son visage mais très étrangement, son cou était phosphorescent et émettait une lumièreéblouissante qui m'empêchait de garder les yeux ouverts...Etait-ce finalement une créature venue d'ailleurs??Etait-il le père de Raël me demandais-je. Jacques Pradel et Jean Claude Bourret avaient donc t'ils raison?? Toutes mes convictions s'en retrouvaient tout à fait intactes puisque je croyais dur comme fer aux extraterrestres.L'homme au cou d'argent m'adressa la parole dans ma langue mais d'une manière très peu recommandable:"qu'est-ce que t'as branlé avec mon chat espèce de gros connard?!!tu vas voir toi!! je vais te casser la tête !!"A peine eus-je le temps de lui répondre avec courtoisie "donc non" qu'il m'assena un coup de djeumbé venu de nulle part, ce qui me fis perdre connaissance.A mon réveil,je me retrouvai sur le plateau de "Qui veut gagner des millions".J'étais en face de Séverine FERRER qui avait un décolleté pouvant rivaliser sans rougir avec celui de la délicieuse Caroline. La remplaçante de Jean Pierre Foucault avait sans aucun doute beaucoup plus de charisme que ce dernier.J'étais à la question à 2 millions de francs et il me restait un joker,celui qui permettait d'appeler un ami.Ses seins étaient vraiment magnifiques. Une sensation incroyable de moelleux s'en dégageait. La lumière des projecteurs s'y reflétait comme pour forcer l'attention des regards des plus trouillards et lâches, même de ceux qui n'assument pas sans lunettes. Mes yeux brûlaient d'envie devant cet appel aux sens irrésistible.Ses pomelos étaient droits et fiers, ses mamelons visibles pointés vers le haut fixaient mon regard et m'appelaient à l'aide. Ils semblaient me crier:"Nous avons trop chaud, aidez-nous!! Cette dentelle nous étouffe!! Par pitié, enlevez-là!!"Mes hormones très sensibles à cette détresse avaient très vite compris la gravité de la situation. Mes mains moites étaient prêtes à agir sur le terrain mais une force rationnelle en provenance de mon cerveau leur empêchait toute intervention.Une protubérance qui s'était formée au su de mon plein gré prit rapidement le dessus dans ce conflit tendu. Deux équipes de doigts allaient être envoyées sur place pour y effectuer des mesures d'ordre volumétrique lorsque j'entendis une voix:"Alors Jérôme, quelle est vôtre réponse?"Absorbé par mes fantasmes de logisticien d'ONG, je n'avais pas entendu la question...Pour prendre connaissance de celle-ci, je n'eus plus d'autre solution que d'utiliser mon joker!!Après une courte mais mûre reflexion, je me décidai à appeler Sébastien en priant de ne pas tomber sur un répondeur de type "Buck dish".Les 3 premières sonneries passées, je m'inquietais à l'idée d'entendre un refrain d'outre Rhin malvenu.A la 4eme sonnerie, celle-ci bien réelle puisqu'il s'agissait de celle de mon portable, je me réveillai les membres paralysés dans l'obscurité.Transcender ma timidité pour me faire plein de thunes, l'ascension télévisuelle de Séverine Ferrer, les mamelons qui parlaient ,tout cela n'était qu'un rêve.Mon portable cessa de sonner et je me souvins de mes derniers instants de taxidermiste amateur: un extraterrestre avec une capuche vint, son cou brillait et il m'assomma avec un djeumbé.Un bruit mécanique sourd et discontinu résonnait dans l'espace exigu où j'étais brassé, je déduisis donc intelligemment que j'étais enfermé dans le coffre de l'ovni de l'extraterrestre à capuche. Excité comme jamais, j'allais enfin connaître toute la vérité que le gouvernementnous cachait depuis 1948 au sujet des extraterrestres...
December 05 Poesie libreDans les mystères profond de la nuit
au loin une lumière rousse la lune hurlant sa peine un bruit, une étincelle du sang vermeille coulant à travers les orifices de son corps raide la morsure du froid est là le liquide fumant coulant lentement dans les entrailles de la terre pour nourrir ses frères. Les corbeaux ont envahi la ville.
Du haut des lampadaires ils nous épient.
La lune leur oppose sa blancheur. November 29 Histoire sans titre épisode 2Episode 2:Tout à coup,je n'entendis plus rien !! Ce bruit de feuilles avait mystérieusement disparu ...L'esprit moins dérangé, mon estomac m'ordonna d'examiner d'un peu plus près cette fourrure pour lui faire partager une spécialité de l'acropole.Me précipitant sur la fourrure, tout mes muscles stomacaux s'unirent à l'unisson pour faire jaillir un kebab salade tomates oignons sauce blanche enrobée d'un liquide biliaire bleu presque transparent comme on en retrouve souvent en face de la cave Saint Nicolas, lieu où les lycéens expérimentent leur liberté nouvellement acquise, celle d'être idiot jusqu'à minuit.Réveillé par les tribulations de mon estomac fragile d'adolescent à mobylette, la fourrure gueula comme un chanteur de black métal, sur un ton monocorde malheureusement bien audible.Quand j'empoignai cette fourrure, je pris horriblement(?)conscience que j'avais conté mon amour de la gastronomie arabe à une sorte d'animal que l'on pourrait appeler chat...Me rappelant de l'affaire Grégory, pour faire taire cet animal en voie d'expansion, je me dirigeai en direction de l'évier!!La bête féroce maîtrisée après un coup de CD de Slippenotte sur la tête, j'ouvris la gueule de l'animal, et y fourrai d'un coup sec et beulls le robinet jusqu'aux entrailles...L'évier était désormais équipé d'un essuie mains biodégradable et sans danger pour mon environnement !!Le pire ennemi du meilleur ami de l'homme était hors d'état de nuire.Sur le point d'allumer le robinet d'eau chaude pour parachever le tout,j'entendis derrière moi le bruit d'un pot posé sur le carrelage...Probablement charmée par mon amour ambigu envers le genre animal, une entité véloce d'origine intraterrestre bondit sur moi en un éclair...A SUIVRE...Toute ressemblance à des personnages réelles ou ayant existé ne seraitque fortuite et involontaire.
November 22 rêves de rencontreDes regards se croisent
Une envie,un désir,un plaisir
Un instant sensuel
Sur ta peau glisse le desir
Dans tes yeux brillent le plaisir
L'envie de gouter tes lèvres
De jouer avec tes sens
Des corps se frolent
Se touchent
Se découvrent
S'unissent
Pour ne devenir plus qu'un.....
CHIMERE D'UN SOIR...
SEB (nuit du 17 nov sofitel marseille) November 21 Histoire sans titre épisode 1 Mr J.B 21 ans, se rapprochait en titubant en direction de la chambre de Mr M.C dans un silence de cours de droit en amphi où tout le monde parle par peur d'entendre une mauvaise répétition d'une blague de Lagaf ressemblant à s'y méprendre à la lecture d'un arrêté préfectoral, c'est à dire en étant moyennement discret pour une intrusion impromptue. En effet, un arôme subtilement dégoutant de crudités en provenance de la cuisine m'ayant assailli les narines, je fûs pris d''une violente convulsion que même Mr M.C,le père de Mr M.C que l'on confond souvent bizarrement lorsqu'on les identifie par leur initiales n'aurait pu stopper avec toute la volonté de Ken. Luttant de toutes mes forces contre l'envie de vomir tout de suite,j'aperçus soudainement sur ma gauche un vase de style Victorien sur une table rectangulaire, étaient posées également un magazine érotique japonais, un casque nazi, une fourrure et un lot de préservatifs taille "giant"...trop préoccupés par un problème d'ordre gastrique,je ne prêtai guère attention à ces objets peu habituels aux M.C comme on les appelle en secret dans tout le quartier pour se moquer d'eux. Me jetant sur le vase comme s'il contenait une attestation de diplôme de license, je trébuchai soudainement sur un bonsaï !!! Le temps de commencer à réfléchir sur le pourquoi du bonsaï, j'entendis un bruit de feuilles comme froissées par une brise se rapprochait de moi...je commençais à me demander si le plan "kronembourg vengeance" n'allait pas tourner au vinaigre de vin avec lequel les M.C assaisonnent leurs crudités... A SUIVRE... A la semaine prochaine pour le 2nd épisode...November 15 Avis aux lecteursD'un commun accord nous avons décidé de fournir à qui le voudrait la suite de cette oeuvre de fiction (en format word). Pour cela laissez un commentaire sur ce billet et votre adresse email.
En effet nous arrêtons là la mise en ligne de A.R.T.
Nous tenons à vous informer qu'une autre oeuvre va être prochainement diffusée. Elle n'a pas été écrite par nous mais elle est trés réussie également.
Les éditions de l'inconscient November 08 16journal d’Amroise
J’ai effectué des recherches sur l’expression « la faiseuse d’anges »,il s’agit d’un terme poétique pour désigner, au moyen-âge, les sages femmes qui pratiquaient des avortements clandestins au risque de leur vie, comme les enfants ne pouvais pas être baptisé il était impossible de leur offrir un enterrement chrétiens et de ce fait elles encouraient des supplices tels que d’être enterrées vivantes. Pourtant les victimes n’avaient aucune qualification dans ce type de pratique j’en conclue que le titre ne porte pas sur les victimes (comme les précédents crimes) mais peut être sur le meurtrier lui-même. Ce qui m’amène à me demander si le meurtrier ne serait pas une femme, car les hommes, à l’époque, n’exerçaient ce métier. A moins qu’il ne s’agisse d’une fausse piste… Pourquoi nous fournit-il ces informations ? Jette-t-il délibérément le trouble sur son identité pour nous égarer encore plus ? D’où proviennent les miroirs ? Je deviens fou mais je ne sais où il veut en venir quel est mon rôle dans cette affaire j’ai l’impression d’être un pion dans une partie d’échec, il y a trop d’informations sans rapport ente elle, tout est trop confus je me sens désemparé… je me sens sale, cette odeur de cadavre me colle à la peau. J’ai beau me laver plusieurs fois, la poisseuse puanteur de la mort est toujours présente avec moi, partout où je vais. Elle m’accompagne tous les jours comme une mauvaise conscience, c’est d’un lavage de cerveau dont j’ai besoin, pas d’une douche !Je travail pourtant je ne devrai pas me sentir coupable ce n’est pas moi qui perpétue ces meurtres ; Je laisse simplement le meurtrier en liberté par mon incapacité mais j’ai l’impression que je suis seul, tout le monde autour de moi me montre du doigt ou parle dans mon dos « regarder ce bon à rien, il va tous nous faire tuer » ! Merde aidez-moi au lieu de me traîner dans la boue ! Le sale relent d’impuissance, compagnon paranoïaque de ma quête de l’horrible, dérange mon entourage. Et il n’en faut pas plus pour que les rats quittent le navire de la commisération . October 31 page quinzeJournal de *** Sac de nœudLangue bleue Pas mieux Sauf au milieu Mais par dieux Que d’yeux ! C’est merveilleux Et orgueilleux Adieux Hymne au pendu
Journal de Amroise :
Je viens de tourner la page, je me retrouve encore devant une page blanche…Elle me fait peur, j’ai peur de ne pas pouvoir la remplir. Ce journal est mon seul salut ma seule attache avec le monde réel je ne sais plus où j’en suis. La cause de cette perturbation est ce serial killer qui agit méthodiquement en se jouant de nous. Vraiment, il déborde d’imagination, mais quelles sont ces « réelles » motivations. Que s’est-il passé dans sa tête quand il a tué pour la première fois ? La vache écorchée est-elle sa première expérience ? Ça doit être comme quand on fait l’amour pour la première fois, un état excitation intense. Et ensuite, il se met a rechercher cette sensation en perpétuant d’autres meurtres mais ce qu’il ne sait pas c’est qu il pourra jamais retrouver l’équivalant morbide de cet orgasme poussé a son paroxysme, mais il n’y a pas que ça, ils sont comme les loups attirés par ce goût du sang car il ne faut pas se leurrer ils aiment le sang et aiment à faire souffrir leurs victimes de différentes façon. Certains préféreront la mort violente d’autres la mort douce et d’autres encore la morte lente pleine de souffrance amenant le plus souvent la victime à se repentir…. Il doit pourtant bien y avoir des points communs entre ces différents meurtres. Des fois je me demande quelles sensations cela peut procurer de tuer un être humain. Mon journal tu es le seul à recueillir mes sentiments en substances. Tu bois l’encre de mon stylo comme je le ferais avec de l’alcool… Il faut faire attention à la « syrrose » et à l’overdose. Je viens de réussir à m’assoupir quelques instants et je viens d’être à nouveau réveillé par un autre cauchemar plus que surprenant. En fait c’était moi l’assassin de tous ces crimes… Je viens de boire un grand verre de whisky, est-ce possible ? Aurais-je une double personnalité ? Suis-je un somnambule ? Suis-je fou ? Bon il faut que j’essaye de dormir pour reprendre mes esprits, mon canapé sera mon réconfort.
L’orateur du ***** :rubriques locales
15 jours, cela fait 15 jours qu’aucun meurtre n’a été perpétué et signer de ce fou criminel qui met en scène ses macabres élucubrations. Cela coïncide étrangement avec la disparition de cet étrange auteur, Sébastien Coron, qui s’est suicidé sans véritable raison. Y aurait-il un rapprochement entre ces deux évènements ? Nous ne pouvons que faire des suppositions tant que la police n’aura pas terminé ses fouilles dans la demeure de celui-ci à la recherche d’une quelconque preuve. Il règne en ville une atmosphère pesante d’attente ;La population souhaite vivement que cette abominable affaire cesse, que notre petite ville, naguère si calme, se réveille de ce cauchemar. Tous les regards du pays sont tournés vers nous mi-horrifiés mi-fascinés par ce qui se passe, de leur point de vue, comme un film haletant. La police quant à elle s’intéresse de très prés aux lettres de « ART »au point de nous les confisquer comme pièces à conviction. Mais pour l’instant les chercheurs qui ont analysé les lettres n’en on déduit que des informations inutilisables et bien sûre aucune emprunte et le papier et l’encre utilisés sont tout ce qu’il y a de commun. Quel serait le plus angoissant, la fin des meurtres sans découvrir le meurtrier ou l’arrestation du criminel qui ressemblerait à Mr tout le monde ?
Par magnétophone l’inspecteur Amroise
Une fois de plus j’ai l’impression que nous arrivons à l’avant-première d’un vernissage qui va marquer les esprits. On me demande de venir voir un « meurtre mis en scène »comme l’a si bien dit le collègue au téléphone. Après une maison perdue au milieu de nul part c’est dans un quartier tranquille de banlieue d’être frappé par ce fléau. CLIC Voici l’endroit, une maison au fonds d’une impasse. Bonjour… Tous les volets sont fermés, tant mieux les journalistes ne pourront pas prendre de cliché comme avec la vache écorchée. Je rentre dans la maison classique, un couloir à droite le salon à gauche la cuisine plus loin à droite ça doit être le lieu du crime… Excusez-moi…Non les corps ne sont pas dans cette pièce mais elle sert à la mise en scène je pense, la pièce n’est meublée que de miroir, ils sont contre les murs une ampoule au milieu du plafond qui éclaire faiblement la pièce, en fait elle éclaire surtout la poussette qui est au centre de la pièce qu’est ce que c’est que cette mascarade ? Il y a 8 miroirs en tout, impossible de ne pas se voir. Une seconde porte fait face à la première un miroir est accroché dessus pour ne pas casser l’harmonie du décor je suppose. Quelle horreur se cache derrière ? OH ! C’est …mais…c’est pire que tout c’est immonde, grossier les pauvres comment peut-on faire ça même l’imaginer c’est déjà effrayant. Il en a tué 2 cette fois-ci un couple qui vivait chez eux comme tout le monde sans problème (Amroise pousse un profond soupir et ne dis rien pendant 20 sec). Bon la description maintenant, la femme est assise sur une chaise en bois foncé, banal, en face de la porte par où je suis entré, elle a le dos droit collé au dossier, la tête affaissée sur sa poitrine ses cheveux cachent son visage. Elle est recouverte d’un champ médical les même que l’on utilise pour les opérations, jusqu’à ses hanches, ses jambes nues sont écartées, les mollets et les chevilles étant attachés par…des cheveux bruns me semble-t-il tout comme ses poignets ligotés sur les accoudoirs. L’homme est en face d’elle allongé sur le dos il n’a… plus de jambe, il est amputé au niveau du bassin, son estomac, son foie enfin tout ce qui peut se trouver à l’intérieur d’un homme à cet endroit sortent, dégoulinent sur le sol, il n’y a que le gros intestin qui ne traîne pas par terre mais, c’est atroce, le meurtrier l’a déroulé et l’a relié au sexe de la femme jusqu’à le faire même pénétrer à l’intérieur. J’ai compris il a essayé de reproduire un accouchement et c’est pour ça que l’homme a le pouce de sa main droite dans sa bouche, son bras gauche repose le long de ce qui lui reste de son corps. Il a les yeux fermés et aucune mutilation, excepté ses jambes évidemment, n’est visible. C’est plus qu’inimaginable je… Un policier : « Attention vous allez renverser la coupelle ! » Quoi ? Ah, je ne l’avais pas remarqué. Elle se trouve au pied de la chaise à droite, elle est remplie de, on dirait des cendres oui c’est bien ça (Amroise sent le contenu de la coupelle) Ca ressemble à une odeur de viande brûler mais j’ai du mal à faire abstraction de l’odeur des cadavres. Il faudra l’analyser. A-t-on retrouvé les jambes ? Un policier : « non mais on fouille le jardin » Bien j’ai ma petite idée concernant leur sort mais continuer de chercher. Il faudra aussi trouver le « titre » de ce massacre lorsqu’on ouvrira les volets. On en profitera pour aérer je ne suis toujours pas habitué à cette pestilence qui accompagne la décomposition, le jour où je ne la remarquerai plus c’est qu’elle fera parti de moi et donc je serai un joli tas de viande ! Il faut aussi signaler 3 bougies qui forment un triangle autour des corps, une derrière la femme et les 2 autres encadrant la tête de l’homme. Les murs sont, comme dans la pièce précédente, recouverts de miroirs, 8 en tout, disposés de la même façon et sont tous identiques. CLIC. Les photographes ont pris tous les clichés nécessaires, vous pouvez ouvrir les fenêtres qu’on y voit plus claire, merci… Je commence par soulevé les cheveux de la femme j’ai peur qu’il y ait une surprise. Attention !! C’est pas vrai, il y a…, les lèvres sont cousues avec… je ne sais pas… mais c’est des cheveux ! Et ils sont bruns. J’y suis la dernière victime avait le crâne rasé, ce psychopathe se fout de nous ! Les yeux sont…non ! Ses paupières ont été déchirées et sont à demi recouvert de sang séché. Je vois que les mutilations s’arrêtent là, pour son visage en tout cas, j’enlève le champ stérile. Elle est nue mais sa peau ne comporte aucune mutilation. Je n’ai rien à rajouter en ce qui concerne l’homme. CLIC On vient de découvrir le titre de ce meurtre, cette fois-ci l’énigme était facile à résoudre il y avait des traces grasses laissées par un pinceau sur les miroirs des deux pièces, une lettre par miroir qui forment les mots suivant : « la faiseuse d’anges »…CLIC. October 26 page quatorzeJournal de ***
Dans mon esprit je sens une présence, elle m’est devenue indispensable depuis longtemps. Cette entité surgissant de l’extérieur me submerge, me pénètre petit à petit. Elle prend possession de mon âme pour la sublimer. Mon sang se glace dans mes veines, je dois tuer ! Mais avec créativité ! L’odeur de la mort imminente me parfume, me laissant un délicat goût d’excitation, je salive ! La vision du sang s’écoulant en dehors de son enveloppe natale, se répandant, s’étalant comme une armée rouge libérée du circuit si ennuyeux du corps humain, quel plaisir ! ! Ooooohh ! !Je me déteste hahahah ! ! Non je m’aime encore plus ! ! La limite de mon imagination, le manque d’inspiration tout cela n’est pas pour moi, j’ai créé et cette divine élévation artistique éblouira le monde. Ce travail spirituel me plait je n’en voie pas la fin, cette extase je dois la retrouver à chaque battement de mon cœur. J’en ai envie maintenant je suis en manque il faut que je passe à l’acte aux actes les mots ne peuvent étancher cette soif quelle sera ma prochaine œuvre ? Oui ! Oui ! Oui ! Je sais j’ai eu l’inspiration je m’en souviens je MEURS d’impatience hahahaha ! ! ! Je me souviens c’est tout comme si la voix était toujours là. Elle s’est manifestée juste après mes soins, que je n’oublie jamais. Soudain je sentis une présence qui se rassemblait dans mon dos, et la voix m’est parvenue ; De la lumière au-dessus de ma tête, lentement elle descendit, s’enroula autour de mon coup puis serpentant le long de mon corps pour revenir se glisser dans ma bouche, mon nez, mes oreilles et elle se lova dans ma tête ; Elle était douce et chaude et j’ai cru qu’elle m’appartenait, elle était ma voix mon esprit mon corps brûlant comme toujours quand vient la soif de la création. Le besoin irrésistible de pousser les limites humaines, voilà pourquoi est apparue l’idée de me jouer des sentiments humains. Ces détestables parasites aveugles mérite un traitement artistique. 2 choses aimantes consument leur amour, leur face à face les conduira au dégoût, à la répulsion! Que ce passe-t-il si il existe 2 extrémités à la dévotion ? Quoi de plus beau que la manifestation éternelle de cette régression trouvant son origine dans mes mains si habiles ! Et la voix partie dans un souffle apaisant. Journal d’Amroise
J’ai failli mourir hier soir. Je rêvais, je ne pensais pas que le monde des rêves pouvait à ce point interférer avec le monde réel. J’ai peur ! Je n’ose pas fermer les yeux. Il est 3h35 du mat’(la légende de la Mandragore serait-elle vrai ?). Dans ce rêve je fouillai la maison de mon enfance, je ma dirigeais au fonds du jardin où était planté un arbre imposant mais mort. J’ai toujours étais effrayé par cette ruine naturel : son écorce sombres ses branches tordues et dépourvues de feuilles…Quelqu’un me fait signe d’approcher accroché à une branche, c’est ma femme ! ! Elle porte toujours le stigmate de mon erreur au-dessus de l’œil gauche. Elle me fait comprendre par des gestes désarticulés qu’il faut que je rentre dans l’arbre. Il y a bien une ouverture étroite à la base du tronc, elle est trop petite mais je m’introduis tout de même an rampant. C’est humide et moite et j’ai le sentiment de pénétrer dans une bouche. Une fois à l’intérieur je me trouve dans un espace gigantesque, en haut un rayon de lumière m ‘éblouie jusqu’à ce qu’une chose passe devant, je ne la distingue pas ; j’entends malgré tout un bruit de tissu qui se déchire et soudain s’avançant face à moi la troisième victime ! Sa peau est verte comme de la vase, elle s’est détachée et là où jadis se trouvaient les pieux et les hameçons il n’y a que lambeau. Il y a plus horrible à chaque expiration (comment une telle créature peut-elle respirer ?) jaillissent de sa bouche des milliers de particules nauséabondes provenant de ses poumons en putréfaction, et je sent que si j’en respire je deviendrai comme elle, un esclave de l’arbre. C’est pourquoi je ne respire plus, je ne veux pas respire,r pour rien au monde je ne veux devenir comme cette monstruosité ! Progressivement tout devient noir, je n’entends plus rien jusqu’à ce que le monstre me touche le bras je cri !!! Je me réveille à bout de souffle, réflexe de flic je sors mon arme de sous mon oreiller et la pointe sur ma cousine, je tire…heureusement pour elle il n’y avait pas de cartouche d’engagée, ça lui a sauvé la vie. Mais elle a tout de même décidé de repartir « tu changes » m’a-t-elle dit avant d’expliquer que lorsque qu ‘elle est rentrée du cinéma elle m’a découvert luttant désespérément pour ne pas respirer : apnée pendant le sommeil. Je suis seul maintenant et j’ai peur de dormir.
L’orateur du *****, rubriques locales
Nous venons d’apprendre une triste nouvelle qui a bouleversé le petit quartier tranquille de Chatoris. M. Sébastien Coron s’est donner la mort dans la nuit du ** à **à l’âge de 25 ans. Ce romancier connu à l’échelon local n’a pas pu obtenir toute la reconnaissance qu’il souhaitait malgré la publication de quelques-unes de ses nouvelles dans un journal local. Les circonstances de sa mort sont quelque peu dérangeant et mystérieuse. C’est à la suite d’une dénonciation de la part d’un de ses voisins comme étant le tueur en série sévissant dans la région (« la vache écorchée » ou plus récemment « le fil de la vierge ») que la police à fait une descente à son domicile, découvrant le corps de l’écrivain. Il était torse nue et en jeans les bras en croix au centre de son salon vide les veines tranchées en réalité cette mise en scène est l’exacte mise en œuvre de la mort de son héros de sa nouvelle intitulée « libération artificielle ». Une de ses dernières volontés est la publication dans notre journal de son ultime lettre, nous sommes fiers de pouvoir vous la communiquer malgré sa noirceur et son hermétisme :
« C’est comme une plainte, un soupir déchirant teinté de souffrance due à l’abandon, qui va et vient comme un balancier cela ressemble à de l’air s’engouffrant dans un tunnel immense et froid, un labyrinthe sans espoir, désespérément vide. Je sais, c’est dans ma tête tout au fonds là où se tapissent nos instincts les moins avouables. Les marécages de notre inconscient nauséabond et visqueux. Celui qui s’y risque pauvre fou intrépide tu ne pourras jamais te défaire de la vision cauchemardesque évoquée par ton propre reflet, celui-là même qui a établi LE contact. Il les a appelés, il les fait venir grâce à des promesses malsaines, mais il en rie car se sera à toi de les affronter vers toi qu’ils se dirigeront, puis lorsqu’ils t’enlaceront de leurs bras décrépis glisseront leurs mains sans chair autour de ton coup en te demandant comment tu les as appelés, tu comprendras alors qu’il n’y a ni Dieu ni Enfer mais seulement l’infini néant de la Mort ! S.C October 20 13 egapJournal de ***Je t'effleure de mes lèvres, délicieux cocon une force créatrice loge en ton sain. Je possède la même. La fertilité est un don, un sauveur, la Résurrection!! Mais toi qui est la reine de la vie, arriveras-tu à recueillir l'ivresse indispensable pour renaître de tes cendres. Merveilleux mystère, seul, ensemble malgré tout mon amour je ne peux qu'assister à ton dépérissement. Regarde comme tu durcis, sans toi aurais-je l'air nu?? La nudité m'enrobe et je t'emmènerai trouver un nouveau logis, l'unique bâtisse... ----------------------------------------------------------------------------------------------------------- Agonie du soir espoir Un jour en pleine nuit renait la plante à pouvoir Le mauvais esprit Je fuis Oh la belle matrice! Que pourrais-je te faire? Oh la belle est triste! Ma souffrance est une prière. Médiocre invocation et mon état empire. Epargne-moi!! (a partir d'ici toutes les phrases sont griffonnées impossible d'en tirer la moindre information mais avec plus d'attention on peut distinguer certains mots: requiem, froid, sueur, tension, SANG...) Par magnétophone l’inspecteur Amroise
Je suis devant le rapport d'autopsie. Deux choses restent encore à éclaircir. L'encéphale a comme été aspiré de l'extérieur! Cela est probablement du à des prélèvements à l'aide de seringues intramusculaires au niveau du sommet du crâne, le sang le recouvre entièrement. De plus la victime a subi une ablation de l'utérus; c'est véritablement un malade, notre victime est bien morte des suites de l'empalement, pour le reste je l'avais bien remarqué sur les lieux. Merci docteur, si j'ai besoin de plus d'info je repasserais. Clic L'orateur du **/**/**/ p2 UN NOUVEAU TABLEAU D'HORREUR
Vous n'avez sûrement pas oubliez le meurtre bestialement intitulé "la vache écorchée" à l'heure où je vous parle la police semble incapable de trouver la moindre piste et voilà que l'artiste sanguinaire a de nouveau frapper de son génie criminel une retraitée. A partir de combien de meurtre peut-on rajouter "serial" à tueur? Il est temps pour la police de se mettre sérieusement au travail! Ce malade ne donne pas l'impression de vouloir freiner sa fièvre créatrice, qui semblerait trouver en la femme une fontaine d'inspiration des plus abondante! L'inquiétude est palpable en ville et la paranoïa menace chaque habitant. On peut signaler, voire reprocher, au commissaire d'avoir confier cette abominable affaire à un de ses hommes qui, il y a 1 ans, a tué accidentellement sa femme. Tout le monde est choqué par ces meurtres mais l'Inspecteur Amroise est probablement trop fragile psychologiquement pour résoudre ce délicat dossier. Il serait des plus judicieux que la police collabore avec l'équipe de l'orateur qui a reçu une lettre provenant sans doute de l'assassin tant recherché.
journal d'Amroise
Je peux dire que l'histoire de la Mandragore m'a perturbé (mais pas autant que ce torchon d'orateur l'affirme!). Cependant lorsque je lisais le rapport d'autopsie, j'étais très nerveux et je n'arrivais pas à me concentrer. Depuis l'entretient avec ce jardinier, j'avais une envie irrépressible d'en savoir plus à propos de cette étrange fleur. Je lui ai donc téléphoné. Il m'a indiqué quelques ouvrages et m'a signalé qu’elles pouvaient être blanche verdâtre comme c'était le cas chez Mme Nivelle mais également pourpre ou bleuâtre; Les fleurs se présentent toujours en grappe au milieu de touffe de feuilles. Ses baies sont rondes ou ovales jaunes et très aromatisées. Voilà pour la description de la plante en elle-même. Ce que je voulais surtout connaître c'était les histoires et légendes qui s'y rattachaient: les sorcières du Moyen-Âge l'utilisaient comme hallucinogène, ceci n'est qu'un exemple de ses vertus thérapeutiques! Elle soigne l'asthme ou les affections oculaires. La légende de la Mandragore veut qu'elle soit un aphrodisiaque et un remède contre la stérilité, comme le dit les personnages du récit "La Genèse". Les Assyriens s'en servaient pour éloigner la peste, apporter le sommeil et soulager la douleur. Cette plante est tellement merveilleuse qu'elle fait repousser les cheveux des chauves! Ce jardinier devrait peut être tester cette plante miracle car il a vraiment une sale tête, il fait peur avec ses yeux qui tombent et ses cernes qui plissent d'une façon extraordinaire, on dirait qu'il a trop de peau sous les yeux! Son bec de lièvre n'arrange rien. Quoiqu'il en soit ses explications ne me donnent pour l'instant aucune indication sur l'identité du tueur. Demain je vais me rendre chez le revendeur de plante que m'a indiqué M. Bourgeon.
photocopie d'article (aucune référence n'est reportée)
(...)mais c'est surtout une drogue, elle contient des alcaloïdes qui sont des hallucinogènes, type de narcotique, capable d'altérer le psychisme sur une période pouvant aller jusqu'à plusieurs heures. Associée à de la belladone on peut se l'appliquer sur la peau et en ressentir les effets. Elle peut également être prescrite pour la lycanthropie, qui sur le plan médical se traduit par un état pathologique caractérisé par le délire: le patient agit comme s'il était une bête. Hérodote avait remarqué plus particulièrement cette transformation sur les peuplades de Saumâtre d'Europe: les Neures qui pensaient se métamorphoser en loup.
LETTRE RECU PAR L'ORATEUR
Je veux nourrir la société de mes crimes. La nettoyer du sang d'innocents ou de traîtres, ma doctrine perçoit la violence comme un nouvel échappatoire à vos chemins malfamés. CORRUPTION tu dois mourir!! "Tu ton prochain et tu dois mourir"Moi je suis ici comme un virus, pour fouler du pied et rouler dans la boue vos morales asservies. L'humanité doit ce rendre compte de la situation, mais elle est si différente qu'il sera impossible de la rallier et finalement de lui accorder la dénomination "Humanité". Philosophie, tu n'es que misère et mensonge de l'âme. Tu nous enfonces la tête dans une mare de confusion, tu nous ouvres le crâne pour y plonger des mains anesthésiques. Un état de somnolence proche du coma, nous appelons ça vivre?! C'est notre inconscient qui doit diriger le monde. Chaque homme croit en une révolution drastique. La tuerie fait partie de l'hédonisme. Pour connaître ces sentiments il faut traverser la frontière qui sépare le monde des pantins de celui des Hommes réalisés; "Tues et tu seras un assassin" Qui n'a pas tué un insecte? Moi je parle du plus gros, représentation imparfaite qu'il convient de surpasser en l'anéantissant!
Omniprésent, ART. October 16 P12Par magnétophone l’Inspecteur Amroise
Je viens de quitter ma cousine après avoir reçu un coup de fil de mon bureau. On m'a prévenu le plus vite possible! Je fonce sur les lieux du crime. CLIC J'y suis c'est une grande maison assez ancienne, plutôt début du siècle, comme on en faisait avec de grandes serres dont l'armature imposante est en fer. Au 1er coup d’œil on peut voir qu'il n'y a pas de jardin. Putain ils ont bloqué la route avec de barrières et personne ne surveille. Quel bande d'incapables! Hé oh! « bruit de klaxon » Vous avez fini de bailler aux corneilles?! Je suis l'inspecteur Amroise on m'a dépêché sur les lieux du crime et j'aimerai bien réussir à me frayer un chemin! Là... ok... merci! Où se trouve la victime? Un policier: « Dans la serre, je vais vous conduire inspecteur. Préparez-vous à un choc, l'assassin s'est nourri aux films gore catégorie poids lourd! » T'étais pas là pour le meurtre "le festin de trimachin", ça c'était dégueu! Mais ce que tu me dis ne me rassure pas, il est possible que se soit le même tueur! _ « Un serial killer alors? Le genre de type qui n'écoute que les voix intérieures de sa passion! Quand ils commencent ils ne peuvent plus s'arrêter, vous savez je suis entrain d'écrire un roman sur ce sujet et je me documente! » Quand tu regardes l'abîme, l'abîme regarde en toi « Pardon?! » Non rien, hum! A l'odeur je sens qu'on approche, bonne chance pour ton livre et retourne à tes barrières! « Pas de problème chef! » Merde quelle chaleur! Oh mon dieu !! Cette odeur moite et humide on se croirait dans un marécage par plus 35°! Evidement il n'y a pas d'aération, c'est un lieu clos avec des parois en verre des murs au plafond et avec un cadavre qui pourris j'ai bien fait de ne pas prendre de petit dèj! (Amroise se met un mouchoir sur le nez sa voie est étouffée mais encore distincte). De plus en plus hideux, ce spectacle est littéralement terrifiant, s'en est presque fascinant. Le tueur, j'en suis persuadé est le même que pour les deux autres meurtres signés, il complexifie ces oeuvres cauchemardesques. Voilà la description générale telle que se trouve le corps actuellement: la victime se trouve à peu prés à 30 cm du sol sa tête complètement rasée, du sang coagulé semble remplacer sa chevelure. La victime a été empalée de part en part de façon verticale qui part de l'entre jambe, pour ressortir au niveau de la nuque comme on peut le voir sur les gravures roumaines, datant de l'époque de Vlad Tepes; Le corps est aussi transpercé horizontalement à l'aide d'une barre métallique plus fine que la première, elle s'enfonce dans la main de façon à tordre le poignet et à maintenir le bras perpendiculaire au tronc, la barre s'enfonce ensuite dans les flancs pour ressortir de l'autre coté et continuer le même trajet macabre. Je commence vraiment à m'asphyxier dans ce putain de four! (on l'entend souffler) Bon, la victime si je ne l'ai pas dit est une femme et ne porte qu'une sorte de paréo en soie qui la recouvre des hanches jusqu'au-dessus de ses genoux. Au niveau du sexe il y a du sang ce qui ne laisse présager rien de bon, aux médecins de voir ça je ne touche pas. Le reste du corps est nu. A ajouter dans cette mise en scène des fils transparents qui semble de gros calibre et qui sont rattachés aux armatures de fer du toit ou à des piquets de tente enfoncés dans le sol. A l'autre bout de ces fils, des hameçons plantés dans la chair de façon géométrique rappelant celle d'une toile d'araignée. Le visage a droit lui aussi à ce charmant traitement: 3 hameçons sont situés au niveau de la bouchel de la victime, le 1er est attaché à la lèvre supérieure, le 2ème à la lèvre inférieure et enfin le dernier tire la langue à l'extérieur de la bouche; (Silence de quelques secondes) C'est abominable... il reste encore un élément qui s'ajoute à ce tableau immonde, le tueur, mais à mon avis il a dépassé le stade du simple assassin, a, par je ne sais quel procédé, décollé la peau du dos, la séparé en deux en remontant la colonne vertébrale, puis il a cousu les 2 parties sur les bras grâce aux fils. Des ailes ce malade lui a confectionné des ailes! C'est atroce c'est…c'est je ne trouve pas de mots, IL N'Y A PAS DE MOTS pour exprimer mon sentiment de révulsion que. CLIC Je viens de reprendre mes esprits, les photographes sont toujours entrain de prendre des clichés pour le dossier de ce 3ème meurtre. Le soleil fait son apparition ça dépouille le corps de son aspect irréel mais j'ai du mal à concevoir comme tel cet être humain transformé en carcasse d'étalage de boucherie. A force on a presque envie de dire "quel morceau voulez-vous monsieur, je vous conseil la cuisse, regardez elle est bien ferme... Mais qu'est ce que je raconte comme connerie. Cette vision me conduit droit à la folie je n'arrive pas à évaluer le degré de démence du criminel et... mais c'est quoi là au pied de la victime? Hé! Toi écarte-toi! Il y a un truc sur le sol devant les pieds de la victime... Le photographe: « c'est juste des ombres inspecteur, mais attendez une seconde que je me tourne ...on dirait des mots "le" ,"fil" "de" "la" V.I.E.R.G.E "vierge ! » Plus aucun doute il s'agit bien du même tueur que pour les 2 meurtres signés précédemment, regardez là-haut il y a l'origine des ombres sur le toit de la serre. Que quelqu'un monte voir ce que c'est! CLIC C'était du sparadrap marrons le même que pour emballer les cartons, on a eu de la chance que le soleil se soit montré, tout le monde n'avait de yeux que pour la victime. Je me demande si le meurtrier l'avait prévu? Si vous avez terminez de prendre des clichés, allé chercher les médecins légistes pour qu'ils descendent le corps. Le médecin légiste: « On s'en occupe de suite;...Merde je crois que j'ai marché sur une plante » Espèce d'incapable, les plantes ici c'est pas des géraniums ça coûte chères, il faut cacher ça immédiatement, je me charge de l'arracher! Trouvez-moi une poubelle! Quelle drôle de racine elle a une forme humaine! Bon je me retire. Je dois me rendre au commissariat pour interroger le jardinier de la défunte. Clic Interrogatoire du jardinier par l’inspecteur Amroise:
A: Monsieur Charles Bourgeon? Bonjour je suis l'inspecteur Amroise, je suis conscient que la mort de votre patronne a dû être un choc pour vous mais il fallait que je vous interroge le plus vite possible; Vous connaissez la situation dramatique que nous sommes entrain de vivre et nous souhaitons connaître toutes les informations qui pourraient nous permettre d'avancer, vous comprenez? C B: ... A: (il chuchote) il n'a pas l'air très éveillé. (Il reprends à voix haute) heu vous ne travaillait pas le week-end, cela explique votre absence sur les lieux de votre emploi; Nous avons vérifié votre alibi, il s'est révélé exacte. Connaissiez vous une ou plusieurs personnes qui auraient eu une raison de tuer Mme Nivelle? Elle était une botaniste assez connu dans le milieu et je crois qu'elle possédait une plante rarissime? C B: C'est une plante tropicale très peu courante, une espèce endémique qui vient de Madagascar, elle n'éclot que les soirs de pleine lune. Vous n'aviez pas pu la voir car l'assassin l'a subtilisée. Il a même poussé le vice de planter le pieu à l'emplacement même où elle poussait. A: J'ai pourtant vu une fleur contre le pieu? C B: exacte mais celle ci a probablement était plantée par le meurtrier et elle ne provient pas du jardin de Mme Nivelle. A: Elle aurait pu la planter sans vous en parler avant... C B: Ha Ha Ha non impossible, tout simplement parce que cette plante est également très spéciale. C'est une Mandragore! De nombreuses légendes ou plutôt superstition s'y rattachent. A:Dites moi, peut être cela nous aidera-t-il à connaître notre assassin ou au moins son but. C B:On racontait que les condamnés à mort, ceux que l'on pendait, avaient au moment de leur mort un orgasme terrible, sublime et que leur semence en inondant la terre générait la mandragore. La sorcellerie leur attribuait des propriétés, les extraits de cette plante constituaient l'ingrédient essentiel de certains philtres ou essences aux pouvoirs magiques. En fait c'est un genre de solanis d'une odeur et d'une saveur désagréable, ses racines ont même des formes curieuses, c'est une plante mystérieuse et très recherchée entre autre pour ses effets aphrodisiaques puissants! Autrefois au moyen âge on disait que la racine était la matérialisation d'un lutin et quand on l'arrachait de la terre, ce génie poussait un cri, et quiconque l'entendait mourait ou devenait fou. A:...........je suis flic je ne crois pas aux superstitions. C B: Vous n'avez pourtant pas l'air très rassuré. A: Non Non ça va. Savez vous comment on peut se procurer une Mandragore? C B: Je peux vous communiquer une adresse c'est la seule que je connaisse. C'est une plante très côtée et très chère! A: Merci, se sera tout. October 11 P A G E 11journal de ***
J’ai augmenté les doses de mon médicament. La prise n'en a été que plus facile. Et voilà qu'au bout de quelques minutes mes ennuis retournent dans les limbes de mon cerveau, car c'était une dure journée. Je flotte jusqu'à la salle de bain et fixe mon regard sur mon image: je transpire abondamment, surtout au niveau de la nuque, ma vision se trouble des gouttes de sueurs ont atteint mes yeux, pupilles dilatées, elles poursuivent leur route et atteignent ma bouche. Des remontés acides, mon cœur s'emballe frappant fort dans ma poitrine comme un tambour en cadence avec le rythme de l'Hystérie. L'image que m'offre mes yeux devient plus nette, j'aperçois autour de moi une multitude confuse d'araignées, toutes pendues au plafond attendant leurs victimes, toiles tendues, certaines glisses le long de leur fils soyeux. Moi-même je suis un insecte. Je bascule en arrière, je heurte le sol, je ne peux plus crier, je boue, un mince filet de bave mélangée à de la bile coule des commissures de mes lèvres sur de mes joues, lentement et sans interruption. Cette chaleur, non ce froid produit par ce train liquide me procure une sensation..... Je suffoque asthmatique, "force-toi à respirer profondément", voilà que des spasmes me secouent irréguliers violents discontinus. Cette fois ci je distingue mieux cette araignée, elle est différente de ses congénères, elle doit être la grande prêtresse. Sa toile est épaisse plus menaçante, elle m'a vue, elle me fixe de ses 7 yeux. Je la déteste mes dents grincent d'impuissance, il faut que je la tue. Mon cœur suit le rythme d'une musique de transe s'accélérant jusqu'au paroxysme. Elles patientent, braquant leurs hideuses pinces vers moi. Un bruit saccadé et affreusement élevé se répercute contre mes tympans. Le son résonne à l'infini. Soudain une mouche apparaît dans mon champ de vision trop rapidement je l'ai à peine aperçue mais voilà je la sens, elle s'est posée prés de moi je ne peux pas tourner la tête elle approche le bourdonnement s'intensifie son odeur est déjà sur moi, dans une seconde elle sera là, elle se penche sur ma tête et là..... Elle est repartie mais j'ai bien vu sur sa face d'insecte il y avait mon visage je tremble horriblement. Le débit du fleuve de ma salive commence à augmenter. Je vais étouffer! "Calme-toi! Calme-toi! La mouche se dirige vers le troupeau d'araignée maintenant je sais qu'elle est leur plan, je la vois cette toile tranchante dont la surface occupe la largeur de la pièce. La mouche vole vire tourne ignorante, stupide. Et voilà elle a frôlé de trop prés, cette paroi trop Collante:le "death trap"se met en place. Elle se débat mais en vain, la scène se déroule au-dessus de moi, et je capte le regard, mon regard sur la tête de l'insecte prisonnier, ses larmes s'échappent de mes yeux et m'éclaboussent, pourtant nulle expression de tristesse n'émane de ce regard. Les araignées se dirigent vers leur victime de façon stratégique, implacable, et elles lui injectent du venin. La victime n'a plus que quelques minutes à vivre, à souffrir, elle bouge frénétiquement de toutes ses faibles forces mais aucun échappatoire ne s'offrira à elle, à quoi bon... Des picotements remontent le long de ma colonne vertébrale, une déchirante décharge électriques, je ne bave plus ma vision s'obscurcie mais mon corps est toujours paralysé, un frisson transperce mon cœur mon sang déferle de nouveau en moi. Et cette mouche est encore embaumée par ce fil de soie, elle a une patte libre qu'elle remue convulsivement. Elle n'est que partiellement paralysée comme moi. Ce n'est pas tout à fait l'effet du curare, elle est encore consciente quand la grande prêtresse se place au niveau de sa tête et lui plante ses mandibules pour lui sucer lentement le cerveau. Son visage, ses yeux sont toujours sans expression malgré la douleur. October 06 P 10Journal de Amroise:
15 AVRIL J'ai honte à un point inimaginable; J'ai été faible comme cella ne m'était pas arriver depuis... la mort de Polly. C'étais un rude coup et là aussi cette femme décapitée, éventrée, saignée tout ça dans un décor d'un film gore; Personne ne sort indemne de cette expérience en faignant l'indifférence ou en créant une distance entre le boulot et sa vie personnelle, l'être humain est un tout, on ne peut pas créer de frontière à l'intérieur de son esprit. Mais cela ne justifie en rien ma conduite de l'autre soir et surtout pas d'oublier l'arrivée de ma cousine, passe encore la beuverie mais me retrouver, aujourd'hui, en face d'elle et ne plus me rappeler ce qui s'est passer la nuit dernière. Elle me l'a expliqué, et elle ne m'en veut pas, elle est compréhensive, normal car elle est tombée sur les photos du festin et quel festin! Je m'arrête j'ai trop mal au crâne.
journal de ***
Personne n'a encore compris mes messages, pourtant ils sont si simples quel bande d'inculte!! Leurs esprits sont trop légers pour me comprendre moi!!! Ah!ah!ah!
journal d'Amroise:
avril 17 Il est pourtant insensé de ne pas savoir ce qui s'est passé avec cette victime... (De la vache écorchée)Tous ses faits et gestes sont connus avant sa mort. Les faits sont les suivant le soir de l'assassinat: -18h30 Sylvie rentre de son travail, sa voisine l'observe par la fenêtre de son domicile, elle la sent énervée car elle claque violemment la porte de sa voiture. -20h30 la victime reçoit un coup de fil de son amant lui annonçant une rupture. Elle parle fortement et la voisine entend pratiquement toute la conversation. -20h45 elle jette le téléphone contre le mur. Ensuite elle sort de chez elle comme à son habitude à 21h00. La voisine la sent toujours aussi perturbée et sort pour aller à sa rencontre. Sahra refuse toute conversation elle part en direction du centre ville sans dire un mot. -22h30 elle rencontre ses amis au pub "l'Irlandais" -23h30 Sylvie décide de partir. Elle est ivre, cette rupture l'a beaucoup affectée. Elle refuse d'être raccompagnée. -23h35 elle croise un passant en lui demandant l'heure, elle lui hurle que la vie est dure. Après cette courte discussion elle se dirige en direction des parcs en se lamentant et en pleurant. Malheureusement la suite des évènements nous échappe encore (un témoin pense avoir vue une femme répondant à son signalement monter dans une voiture mais ne peut l'affirmer à cause du faible éclairage de la rue) jusqu’à la découverte du cadavre et de l'horrible travail de l'assassin. D'après les estimations des spécialistes l'assassin aurait passé plus de 20 min pour mettre en place le cadavre. Pourquoi une telle mise en scène? Veut-il se prouver quelque chose? Pourquoi avoir recueilli le sang de sa victime et l'avoir utiliser pour sa seconde mise en scène? La victime a été tuée sur le lieu où on a découvert le corps, il n'y a pas de trace de lutte juste un endroit où il semblerait que la victime ait été traînée par les bras sur quelques mètres. La victime a été vidée de son sang, inconsciente. L'écoulement ayant eu lieu par les cavités oculaires dû à l'extraction des globes oculaires. Que peut ressentir ce fou au moment où il martyrise ces victimes? J'ai l'impression qu'il a besoin d'exposer ses actes à la vue de tous. Il nous prend pour son public. Mon esprit brasse de l'air, du vide, cet effort inutile me donne la migraine. Et il y a cette lettre reçue par l'orateur soi-disant écrite par le meurtrier. Je n'y croie pas beaucoup mais on ne sait jamais s'il commence à devenir trop sûre de lui il peut faire des erreurs. Hé bien me voilà réduit à attendre un faux pas, je me sens tellement misérable et impuissant. September 30 PAGE 9Par magnétophone l’inspecteur Amroise (13 avril)
Je m'attends au pire, j'ai reçu un coup de fil m'annonçant qu'une femme s'était enfermée chez elle et n'était pas sortie depuis plusieurs jours, elle ne répond ni aux appels téléphoniques, ni aux cris remplis d'inquiétude de ses voisins. CLIC. J'arrive sur les lieux, il est 10h16, c'est une maison de campagne assez isolée, elle est grande vu de l'extérieur. Les gendarmes et quelques pompiers sont entrain de sortir le bélier; On m’a informé que cela fait 5 min qu'ils frappent à la porte sans résultat. Ils s'apprêtent à enfoncer l'imposante porte en chêne de l'entrée. « BOUM » Le 1er coup n'a fait que fissurer légèrement le bois; Toujours aucun bruit à l'intérieur. « BOUM, suivie d'un énorme craquement et le bruit de la porte qui heurte violemment le mur.» Il fait sombre à l'intérieur, ce qui est normal les volets étant tous fermés. Excusez moi je vais rentrer le 1er, merci! Un pompier: « à mon avis c'est une crise cardiaque.» Je suis sur le perron, haaa mon dieu! Quelle odeur écœurante! Y a pas de doute il y a un cadavre ici et depuis longtemps. Bon j'allume le couloir. Mais on dirait... C'est du sang séché sur le mur! Là, regardez elles débutent à gauche du couloir, ne touchez à rien!Je vais au bout du couloir, à droite il y a une porte qui mène au salon et à gauche l'escalier. Les traces prennent les deux directions je choisis de prendre l'escalier. Une fois arrivée à l'étage les traces continuent sur le sol puis reviennent sur le mur en face de l'escalier et prennent à droite sans discontinuées. On devine que les marques sanglantes ont été laissées par une ou deux mains. Elles se situent à 1m du sol. La quantité de sang est impressionnante, il y en avait tellement que le sang a dégouliné sur la moquette sous forme de rigoles comme des petites sources sortant des murs. Les traînées s'inclinent lorsque l'on se rapproche de la 1ère porte sur la gauche, elles touchent le sol juste devant la porte et il semblerait que le corps de la victime soit restée un moment a cette place car la moquette a été copieusement imbibée à cet endroit, à voir l'étendu la tache sombre. On se trouve dans la salle de bain, les filets de sang continuent leur chemin sur le carrelage blanc jusqu'à la baignoire où gît la victime. Elle repose dans un bain de sang; La quantité de ce liquide est telle qu'il donne la nausée. Il y en a sur les murs, dans la baignoire, le lavabo et dans les toilettes. D'ailleurs le meurtrier a dû utiliser un anticoagulant dans car le sang n'a pas séché comme sur les murs. Il est évident qu'il y a le sang de différente personne, rien que dans la baignoire qui est au 3/4 remplie et ne laisse émergé que la tête au-dessus du menton. Ses yeux sont fermés. Les cheveux sont relevés en un chignon maintenu par une barrette dorée ordinaire. Détail troublant le corps ne flotte pas, pourtant a en juger par la forte odeur nauséabonde qui stagne dans l'ensemble de la maison et plus particulièrement dans la salle de bain. Je pense que la mort date de plusieurs jours, la teinte violet vert du visage du cadavre me conforte dans ce diagnostique préliminaire. Il y a une mouche à l'intérieur de la bouche entrouverte. Difficile de déterminer l'âge de la victime à cause de l'état avancé de décomposition, entre 50 et 60 ans peut être. Je redescends pour emprunter la seconde piste, elle mène à la cuisine où se trouve, posé à terre, un plat à viande transparent, et dedans des intestins enroulés, il y a des morceaux qui ont été arraché et sorti du plat par des chats d'après les empruntes ensanglantés qui recouvrent le sol de la cuisine. Et enfin au-dessus de l'évier la signature du malade responsable de cette boucherie écrit avec un mélange de boyaux et de chair en fin de décomposition: « Le banquet de Trimalchion ». Il faut que je sorte d'ici prendre de l'air frais, l'odeur putride qui me suit dans chaque pièce et toutes ces mouches qui papillonnent sur les lambeaux de chairs vertes parsemées de larves et de pupes me soulève le cœur. Je vais demander que l'on sorte le corps pour vérifier qu'il s'agit bien de ses organes qui jonchent le carrelage. CLIC. Je me sens mieux. Je vais assister à la sortie du corps. Je me rappelle que le corps ne flottait pas, il n'y a q'une seule raison pour cela. C'est bon vous pouvez retirer cette femme de son bain. « Bruits d'effort et d'eau remuée » Hé! Attention la tête tombe! Bordel il l'avait à moitié décapitée! Le policier qui soulevait les épaules: « complètement décapitée vous voulez dire, la tête ne tenait que par un lambeau de peau! » On a rien vu avec ce sang opaque qui lui arrivait au menton! Sortez le corps, je vais m'occuper de la tête. CLIC Par magnétophone l’inspecteur Amroise
Je n'ai pas eu le courage d'assister à l'autopsie. Néanmoins je vais me forcer à énumérer les différents points qui me paraissent importants. Alors en premier lieu la victime s'appelle Estelle Marie. La cause de la mort est due à une noyade. On a retrouvé dans les entailles qui s'étendent des poignets jusqu'au bouts des doigts d'infimes particules provenant des murs à l'intérieur de la maison, le tueur c'est servi de ses mains comme d'un pinceau. En deuxième lieu la décapitation a probablement été exécutée dans la baignoire. C'est également là que l'on a retrouvé l'arme du crime un couteau arabe à lame recourbée qui appartenait sûrement à la victime.
Il en est de même pour le ventre ouvert comme pour une césarienne afin d'en retirer le foie, l'estomac, les intestins, la vessie. Le tout a été retrouvé dans la cuisine, intact ou déchiqueté, par les chats. Autre détail digne d'intérêt l'on a retrouvé 2 types de sang et il s'est avéré que le second appartenait à la 1ére victime de ce malade. Ils n'ont pas été mélangés celui de la veille femme dans la baignoire et l'autre dans les toilettes et le lavabo. On a aussi détecté des traces d'anticoagulant des les 2 échantillons de sang. Enfin la mort remonte à 3 jours, personnellement je m'attendais à plus vu la couleur verdâtre du corps mais c'est sûrement l'immersion dans le sang mélangé à l'eau qui a provoqué la décomposition accélérée du corps. Ca me donne la nausée! CLIC
LETTRE RECU PAR L'ORATEUR:
D'un autre monde le corps humain est médiocre de part sa nature, il faut donc l'améliorer pour l'amener au sommet de sa beauté. Prométhée est l'exemple même de cette beauté à l'instant où son corps se faisait dévorer par les vautours. Cette technique d'exécution est un don n'apparaissant qu'une fois tous les siècles. Moi votre nouveau guide, vous mènera vers laperfection universelle qui anime ce monde. Vous permettant ainsi une métempsycose........ Omniprésent ART. September 27 Paje 8Journal d’Amroise
Avril 10:décevant c'est le 1er mot qui me vient pour qualifier cet entretient avec l'unique suspect du meurtre de la vache écorchée. C'était à prévoir, même si, malgré son delirium tremens il semblait être sincère avec moi. Qu'a-t-il voulu dire? Je pense, en dépassant les apparences, décrypter certaines de ses phrases, aussi hermétiques soient-elles; Il a du voir le meurtrier (créatures de Poséidon) et la morte, n'a-t-il pas fait mention de filets? Cela ressemble assez a la corde qui ligotait la femme. C'est rageant parce qu'aucun jury ne pourra retenir son témoignage (si jamais il parvenait à nous décrire un portrait-robot, rien n'est moins sûre!) vu son état mental, il ne sera pas crédible. Cette entrevue me permet de rejoindre le doc Elmer, il n'a pas commis ce crime, cela n'a rien de rassurant: le vrai meurtrier cour toujours; J'ai tout de même demander au doc Elmer de garder Jaques X sous haute surveillance, comme il le dit lui-même "il est très instable mentalement"moi je dirai qu'il est abstrait et le meurtre dont on l'accuse est beaucoup trop soigné, appliqué pour sa manière de penser, et c'est ce qui est dérangeant dans cette affaire: Comment une personne peut accorder une telle minutie quant à l'aspect d'un corps mort dont elle est elle-même l'assassin?
Avril 11 Mon chef est venu me voir à mon bureau pour savoir où j'en étais de l'affaire Pelletier. Comme je ne savais pas trop quoi lui répondre, j'ai dis la vérité (ça évite de raconter une histoire abracadabrante qu'il faudra retenir au cas où il reposerait la question), cela donne donc en gros 1)je suis dans le noir complet 2)l'affaire de la V E m'a totalement accaparée, sur quoi il a répondu que j'étais même complètement dépassé. Je n'ai pas rétorqué ça ne sert qu'à envenimer la situation, qui soi-disant passant n'a jamais été au beau fixe entre nous. Mais je ne lui jette pas la pierre (quoique), il doit jouer son rôle de chef s'il ne veut pas qu'on lui marche sur les pieds. Je lui ai tout de même précisé qu'après le semi échec de jacques X, je mettais retourné sur l'étudiant qui avait agressé Mlle KERVEL, cela ne l'a pas impressionné outre mesure car au moment du meurtre, il était détenu pour conduite en état d'ivresse et attentat à la pudeur, ce qui lui fourni un alibi en béton; J'ai au moins montré que je ne restais pas les bras croisés à ne rien faire. Il m'a également demandé s'il y avait un lien entre les 2 meurtres. Je n'y avais pas songé mais j'ai fais comme si; Néanmoins je lui ai rappelé que celui de la forêt de Vrillac avait été "signé", contrairement au type de la cave, de plus l'un est déguisé en suicide tandis que le second est délibérément exhibé dans un endroit public. Ils n'ont que la barbarie comme point commun, et 2 amateurs d'ultra violence dans la même ville tuant à quelques jours d'intervalles cela me semble assez peu probable... mais s'il avait raison? Cette interrogation me laisse dans un flou aussi oppressant que l'épaisse brume des rues londoniennes...
Journal de ***
Ce n'est jamais la même chose, l'identique n'est q'une chimère. Je pars me soigner. Le décor ondule, l'expérience du voyage immobile à bord d'un vaisseau fantôme. Aussi palpable qu'un mirage, sa forme blanche et encapuchonnée surgit du sable, des profondeurs insondables. Aussi réel que mes rêves, il se dresse, impitoyable, sur une dune blanche, ici tout est blanc. Sans visage il me tend une sphère nacrée sous la surface duquel des nuages rouges sang tourbillonnent, c'est un fruit. Je le cueille de ses mains à la peau de sable, il m'échappe! Son contact a été glacial et électrique! La pêche s'écrase sur les marches de marbre menant à l'autel. Sa pulpe dégouline autour du noyau et s'étale dans une flaque rouge pâle, visqueuse. Soudain une agréable odeur s'élève de ce fruit faisant surgir en moi une lointaine nostalgie où tout était différent. Je m'agenouille et me penche sur le fruit; Le noyau à disparu laissant à sa place, se mouvant comme un poisson hors de l'eau, un fœtus humain.. Mes mains sont mon art. |
|
|||
|
|